On dirait que je commence à aller mieux malgré tout. À plusieurs reprises, aujourd’hui, j’ai réalisé que ma cage thoracique ne faisait plus mal et qu’elle était libre. C’était la drôle de sensation de quand il nous manque quelque chose… suivi du soulagement de constater que c’était seulement mon anxiété qui n’était pas là et que je respirais librement. Ça me prend du temps, je sais.
J’ai quand même hâte de retrouver plus de liberté de mouvement. L’hiver j’aime ça d’habitude, mais cette année c’est difficile. J’ai bien aimé la fausse promesse d’un hiver sans neige qui reste qui s’est étirée jusqu’au début janvier.
J’essaie d’apprendre à relaxer. Je ne suis pas très bonne. Le mieux que je peux faire c’est tricoter des mitaines en regardant un documentaire sur le pauvre Sébastien Métivier. Vous me direz que ce n’est pas très relaxant de regarder des meurtres d’enfants… et vous aurez tort. Bien sûr ce ne sont pas les meurtres qui ont un effet calmant. Les meurtres, les disparitions et… c’est effroyable. Il y a par contre de plus en plus d’études qui montrent que pour les personnes qui souffrent de stress post-traumatique, ça a un effet réparateur de regarder du True Crime. Comment est-ce possible, direz-vous? Eh bien c’est parce que souvent les choses néfastes qu’on vit restent impunies et on reste avec un énorme sentiment d’injustice. Souvent les gens s’éloignent aussi parce qu’ils aiment bien faire semblant que la santé mentale et être contre la violence c’est bien sur les réseaux sociaux. Dans les faits, quand quelque chose vous arrive réellement, les gens n’ont pas tellement de patience et tendent à minimiser puis s’éloigner si vous n’acceptez pas leur version de l’histoire qu’ils n’ont pas vécue.
Alors qu’est-ce qui apaise? Le fait de regarder autant de personnes s’activer pour résoudre le crime et prendre soin de la famille et essayer de rendre sa dignité à la victime. Ça nous montre qu’il y a des gens sains. Des gens qui se soucient des autres. Des personnes qui travaillent fort pour aider… et ça, ça réconcilie avec le monde dont on avait été sauvagement coupé par la violence vécue. C’est fascinant, non?
Je vais au lit. Je suis envahie.
Je reprends plus sérieusement le travail demain à la maison. J’ai de la préparation à faire. Si vous attendez de mes nouvelles, ça devrait venir.
À plus!

