La remontée

Ça ne sert à rien que les gens tentent sans arrêt de me convaincre que les hommes ne sont pas tous violents. C’est exactement ce que je me répète depuis plus de vingt ans à chaque fois que j’en rencontre un. Le fait est que dans ma vie, c’est comme ça que les hommes agissent, de façon violente, et ils le font souvent. C’est la répétition qui est infernale, plus que le fait qu’il y ait des hommes violents dans la vie. La répétition épuise. Ça devient aussi vraiment difficile de faire confiance à qui que ce soit. Le fait est aussi que même s’il y a des hommes qui ne sont pas violents, ça ne change rien à la réalité de ce que je vis sur le plan factuel et ça ne rend pas la situation moins pire ni plus facile à vivre.

J’ai décidé que j’allais arrêter d’en parler de vive voix à part aux personnes que je sais bien renseignées. Les gens semblent penser que quand je leur parle de ça, ça leur donne l’autorisation de me dire n’importe quoi qui leur passe dans la tête et après je passe un temps et je dépense une énergie folle à leur expliquer pourquoi c’est faux et souvent je dois me battre en plus avec le fait qu’ils sont fragiles et qu’en fait ils ne veulent pas changer d’idée par rapport aux histoires qu’ils se racontent parce que ça impliquerait de changer leur vision du monde et que ça pour eux c’est trop difficile et épeurant puisque après tout C’est terrorisant de penser que 1/3 des femmes seront agressées au moins une fois dans leur vie sur terre (et ce sont seulement celles dont on le sait). Il y a beaucoup de personnes qui refoulent leurs traumatismes aussi ou s’aveuglent sur la violence, ce qui explique la fréquence à laquelle on entend des personnes nous dire absurdement qu’elles n’ont jamais vécu de violence. Toutes les femmes vivent de la violence d’une façon ou d’une autre dans leur vie. Dire le contraire c’est mentir. Beaucoup d’études se sont déjà penchées sur le sujet. Mais quand même, en parler le moins possible à des personnes dont je ne connais pas leur degré de lucidité sur ces problèmes sera mieux. Ça devrait m’économiser beaucoup de temps et d’énergie.

Je ne veux plus non plus qu’on se sente obligé de me dire que les hommes aussi vivent de la violence. Je le sais. J’en parle assez régulièrement ici. Le fait est quand même que je ne me suis jamais engagée à parler de toute la violence possible de toutes les personnes possibles. C’est mon blogue. Je parle des éléments du réel dont ça me tente de parler, c’est tout. Écrivez votre propre blogue si vous voulez du contenu sur quelque chose dont je ne parle pas. Ça fera à un moment donné de me prendre pour une imbécile aveuglée et/ou mal renseignée. Ce n’est pas qui je suis.

C’était la rentrée hier. J’ai trouvé difficile d’aller à l’université après l’histoire d’horreur de l’autre session. D’ailleurs le chargé de cours n’a absolument rien fait de ce qu’il devait faire. Je ne peux pas dire que je suis surprise. J’ai quand même trouvé ce que j’allais faire de constructif avec cette histoire horrible. J’en reparlerai plus tard. Ça a fermé certaines portes, mais ça en a ouvert d’autres qui m’inspirent. Je reste déçue et découragée. Il n’y avait absolument aucune raison valable de me faire cette merde inutile et violente. C’est juste malsain et insensé.

Quand même… en en reparlant aujourd’hui avec ma belle-sœur, j’ai repensé à cette raison pourquoi je vis si souvent de la violence que j’avais déjà mentionnée. Je pense que je vis de la violence parce que je parle ouvertement du fait que j’ai vécu de la violence. Ça ne veut pas dire qu’il faut que j’arrête d’en parler ouvertement quand j’en ai envie, non. C’est important de le faire et on a vu que quand il h a des gens présents, ils me défendent si nécessaire. Je pense que les hommes violents en déduisent faussement (comme bien des personnes qui ne connaissent pas très bien les rouages de la violence d’ailleurs) que ça veut dire que je suis naïve et faible, alors qu’en fait ça veut dire le contraire… et c’est eux qui se font prendre au « piège » finalement. En assumant ça et en faisant preuve de violence, tout ce qu’ils réussissent au fond c’est me montrer clairement leur vraie nature et donc leur connerie leur éclate à la figure. Et la montrer aux autres s’il y a des témoins. Ça n’existe pas une personne saine d’esprit et non violente qui prend plaisir à blesser une personne qui va déjà mal. C’est juste impossible. Ils arrivent à me blesser et m’horrifier, à me dégoûter aussi… mais bon. Ce n’est pas tellement compliqué d’arriver à faire ressentir ça à une personne qui souffre de CPTSD. Donc ils n’ont pas de mérite. Ils sont juste faibles, lâches et mesquins. Donc je pense que ça et le fait que je suis ouvertement féministe ça doit être les deux raisons principales qui font que je vis aussi souvent de la violence. Il faut quand même noter que je ne reste pas dedans, hein? Donc non, je ne suis pas faible et non, je ne suis pas trop gentille.

Bon… mes yeux s’embrouillent. Je dois aller dormir. Je dois réfléchir un peu aussi avant de parler des changements à venir dans ma vie. Suspense!

Bonne nuit!

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