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Ce sont encore la tristesse et la fatigue qui dominent dans mon état d’esprit et mon humeur en ce moment. Je dois dire qu’il s’est passé vraiment beaucoup de choses pénibles ces deux dernières années. Je reste perturbée par combien de personnes ne vont vraiment pas bien mentalement. C’est extrêmement lourd.

Concernant ce que j’ai écrit du revenant et son ex, ce n’est pas tant le fait que des gens aiment s’amuser avec leur pipi qui me perturbe. Je sais bien que ça existe. Les gens font ce qu’ils veulent dans leur intimité en autant que ça ne blesse personne. C’est ça le point qui me choque. L’absence de consentement. Personnellement l’urine ne m’attire vraiment pas. C’est une chose banale que je ne considère pas particulièrement troublante et qui part tout simplement dans les toilettes. Tout le monde en produit. Entre mon indifférence et le fait d’être rendu à forcer quelqu’un à t’en mettre dessus contre son gré, il y a quand même une ostie de marge et je ne vois honnêtement pas comment quelqu’un pourrait prétendre que ça lui est un besoin essentiel. Mais il y a malheureusement bien des hommes qui ne se gênent pas pour prétendre que bien des choses absolument pas essentielles dans la vie feraient partie de leurs besoins vitaux. C’est ça qui est répugnant. Ça l’est profondément. Un chantage dégueulasse tout simplement et qui ne s’appuie surtout sur rien de réel. Personne ne va crever de ne pas avoir de sexualité et encore moins de ne pas voir chacun de ses fantasmes se réaliser. C’est la moindre des choses, il me semble, si on aime vraiment quelqu’un, de ne pas forcer la personne à faire des choses qui la dégoûtent.

C’est sûr que c’est encore plus troublant pour moi parce que j’ai grandi dans un environnement où je n’avais pas le droit d’avoir des besoins, encore moins des préférences. Voir quelqu’un violenter une personne pour quelque chose d’aussi frivole et inutile en prétendant que c’est un besoin, c’est complètement absurde et insensé.

Mais je ne veux plus penser à lui ni à l’affaire du chargé de cours. Je suis allée me faire tatouer aujourd’hui et je suis vraiment heureuse du résultat. La tatoueuse, avec qui j’ai quelques personnes en commun, m’a quand même involontairement rappelé de mauvais souvenirs. Elle a dit ne pas penser être encore capable d’être en couple avec un homme… Elle aussi avait des histoires vraiment troublantes à raconter. ça me dépasse à quel point les gens se font du mal inutilement.

Qu’est-ce que je fais pour me sentir mieux? Je lis. J’ai des lectures pas mal éclectiques ces jours-ci:

Ils sont chacun bien à sa façon. Je pense que le travail fait dans Porter plainte est important et bien fait. Quelque chose faisait que je n’accrochais pas autant que je pensais le faire. Je pense que ça a un lien avec mon absence de lien avec la maternité qui est très présente dans le livre. Malgré le fait que le livre m’a moins plu que ce que j’attendais, le travail et le courage de cette femme restent admirables. Il faut les récits de toutes les femmes pour toutes les femmes, je crois. L’autrice du livre sur Madame Victoria a fait aussi un incroyable travail d l’écriture et d’imagination. Je préfère quand même la « vraie » histoire de madame Victoria, ce par quoi j’entends les faits de l’enquête médico-légale puisque son identité reste un mystère et qu’on ne connaît donc pas sa vraie de vraie histoire. C’était quand même fascinant de parcourir toutes ces variations. La vétérinaire et son chien ne m’ont rien appris de vraiment nouveau sur mon choix, mais c’est une bonne lecture qui énonce des faits intéressants par rapport à la maternité humaine et canine. La madame est par contre parfois un peu fendante, j’avoue… Il y a fière et Fière dans la vie…

Mon vrai coup de cœur ça reste Le génie lesbien. C’est vraiment un livre féministe incroyable et plein de sagesse que je pense que tout le monde devrait lire. Je ne suis toujours pas lesbienne, à part si on se fie à cette définition:

Selon cette définition, je le serais… mais ce n’est clairement pas ce à quoi pensent la plupart des gens quand ils prononcent le mot. Je le précise pour ne pas créer de malentendu ni de faux espoirs. Je reste une immuable hétérosexuelle pour le moment.

C’est quand même fascinant de voir le point de vue de cette femme, comment, même quand elle ne s’intéresse pas amoureusement aux hommes, elle subit autant sinon plus de sexisme que les femmes hétérosexuelles. Elle raconte aussi comment ses expériences avec les hommes ont été pénibles quand elle en fréquentait plus jeune. Ce n’étais pas pénible sur le plan sexuel. C’était pour elle pénible d’être traitée comme les hommes la traitaient, mais aussi comme tout le monde la traitait dans la société dès qu’elles s’affichait en couple… par exemple les serveurs et serveuses de restaurant qui s’adressent systématiquement aux hommes, comme si la femme n’existait pas.

Les parties concernant son activisme sont quant à elles vraiment inspirantes et donner envie de passer à l’action et de s’impliquer plus socialement.

Il y a beaucoup de passages délicieux, comme celui-ci:

Je dois aller dormir maintenant. La séance de tatouage m’a épuisée et j’aurai une autre grosse journée demain.

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