J’ai eu une belle journée lente qui a commencé par une incapacité de me lever. J’ai fermé l’alarme quand elle a sonné et je n’en ai aucun souvenir. Je me suis réveillée deux heures plus tard. J’imagine que j’en avais besoin. La grève, les vilains, les chiens, la fin de session… ça fait beaucoup à un moment donné.
J’ai eu des flash du moment pénible. J’ai dissocié quand c’est arrivé. Je me sentais en arrière de mon corps et je me suis mise à avoir la nausée. C’est le CPTSD qui fait ça. Je suis devenue très sensible à la violence psychologique. Mon système nerveux réagit très fort et très rapidement. Heureusement mon « entraînement » de prof a fait que ça n’a pas paru et j’ai pu répondre calmement. Une personne du cours m’a dit que je semblais très calme dans mes réponses et qu’elle n’avait pas compris comment j’avais fait pour rester calme malgré les conneries qu’il me disait. Ça je pense que c’est parce que j’ai grandi avec un homme qui commet sans arrêt ce genre de violence psychologique. Je sais que s’énerver provoquerait leur orgueil et que ça empirerait la situation. En plus du caractère déplacé de son propos, son ton était beaucoup trop familier. On aurait dit qu’il parlait à une moins que rien. Il fait être petit dans ses shorts pour fesser sur une personne dont on sait qu’elle est déjà par terre… à moins qu’il se pense tellement supérieur qu’il pense que c’est une conduite justifiée de sa part et qu’il a le droit de faire ça. Mais ce n’est pas le cas et il ne sait pas de quoi ni de qui il parle. Ça c’est encore plus troublant. J’imagine qu’il doit se mentir à lui-même maintenant… Aussi c’est vraiment étrange qu’il ait pu s’imaginer qu’une professeure qui venait de porter plainte à la police contre un harceleur n’allait pas réagir à ses abus et fermerait sa gueulé tout simplement. Il n’a clairement pas très bien réfléchi à son affaire.
J’ai eu des flash de ma rencontre avec la dame qui va s’occuper de son cas aussi. Elle était encore plus en colère que moi je pense. Elle trouvait ça vraiment décourageant et répugnant. Elle m’a donné plusieurs choix. Si j’avais voulu me venger, j’aurais pris le pire puisque la dame, elle, trouvait ça tellement grave qu’elle voulait que ça remonte jusqu’à la direction. J’ai choisi de lui imposer une formation. À la fin, même si son ego sera blessé, c’est plus un cadeau qu’une punition puisque s’il la fait bien, il deviendra un meilleure prof. Je ne suis pas comme lui: je ne prends pas plaisir à blesser les gens.
J’ai parlé à une amie qui a déjà eu des problèmes avec. Elle m’a renvoyé une capture d’écran d’un message qu’elle m’avait envoyé au début de la session où elle me disait qu’elle n’était pas sûre que ce soit une bonne idée que je prenne un cours avec lui parce qu’il lui avait déjà fait des choses blessantes. Le message détaillait exactement la même situation qui m’est arrivée. Il y a juste les insultes qui changent. Le scénario est exactement le même sinon. Donc c’est un pattern comportemental. Je ne suis pas un cas isolé. On n’est jamais la seule personne à être maltraitée par quelqu’un, comme je disais plus tôt cette année. Quelqu’un d’autre dans le cours m’a aussi écrit qu’il avait eu l’air d’un con et que j’avais bien réagi.
C’est sûr que ça reste étrange pour moi, avec mes 15 ans de thérapie, de voir quelqu’un autant à côté de la plaque et qui me sous-estime au point de penser que je serais assez ignorante pour croire les faussetés qui lui sortent de la bouche. Les personnes qui me connaissante vraiment savent que c’est la chose qui me faisait le plus peur, être comme mon père… c’est pour ça que je me suis assurée de ne pas l’être dès le début de ma thérapie… il y a quinze ans. Le trouble de personnalité narcissique est quelque chose de grave. Cela suppose beaucoup de violence et d’instrumentalisation des autres. Ça suppose des comportements d’écrasants pour les autres, par exemple prendre plaisir à les humilier en public. Je ne sais pas s’il l’est, narcissique, mais je sais que son comportement ce jour-là, c’est vraiment un grand classique chez les narcissiques. Il faut être ignorant du sujet pour penser que le simple fait de parler d’une expérience vécue et/ou mettre sa face dans un projet veut dire qu’on est narcissique… mon image est dans mes projets parce que c’est à moi que c’est arrivé même si les violences décrites concernent au moins les femmes, mais d’autres personnes aussi. Il y a aussi mon image souvent parce que j’essaie de faire la paix avec. Il y a enfin souvent mon image parce que je n’ai plus beaucoup confiance dans les humains et que je ne suis pas à l’aise avec le fait de demander l’aide d’une autre personne pour mes projets ces jours-ci. Mon horaire est vraiment très compliqué et chargé. Je travaille avec ce que j’ai sous la main.
Je suis tannée de subir le mal-être des autres. Cette histoire parle de son malheur à lui aussi. Les gens qui vont bien et qui sont heureux ne fessent pas gratuitement sur les autres comme ça. J’aimerais ça que les gens comprennent que c’est ok, dans la vie, de régler ses problèmes de santé mentale et ses difficultés relationnelles. C’est pas mal mieux que de perdre son temps, de le faire perdre aux autres et de les blesser en plus. Il faut vraiment se penser important pour penser que les autres ont à subir nos problèmes et s’y soumettre:
Je me suis reposée, mais j’ai produit un peu aussi. Mon zine est presque fini!

Mes yeux se ferment tous seuls.
Bonne nuit
