C’est toujours quand même triste ces situations. Je ne comprends pas pourquoi tant d’êtres humains font des choix si peu porteurs et aussi nuisibles. C’était clair que le fait de chercher à m’humilier n’allait rien entraîner de positif pour qui que ce soit. C’est dommage. Jusqu’à présent, c’était une personne que je trouvais plutôt intéressante et appréciable, mais disons qu’après ça, ce n’est plus vraiment possible. Ce qu’il a fait est juste trop insensé et je ne lui ai jamais rien fait et ne méritait d’aucune façon la façon dont il m’a traitée.
Mes projets ont toujours une dimension sociale importante. C’est quand même vraiment bizarre qu’il semble incapable de la voir. L’homme qui m’a aidée à imprimer les photos la voyait pourtant clairement lui. Je n’ai même pas eu à lui expliquer. Il a dit de lui-meme que ça pouvait clairement aider les personnes qui traversaient les mêmes enjeux à comprendre qu’il y avait un après et à garder espoir et courage… ce qui est effectivement une des principales raisons d’être des témoignages sur les traumatismes. J’avoue que je n’ai pas vu venir ce coup bas gratuit et déplacé durant la présentation. Ce n’est absolument pas le feed-back que j’ai des autres personnes sur le projet. Lui seul sait ce qu’il a pu se passer dans sa tête pour que ça lui semble justifié. Ce ne l’était pas. Ses motivations lui appartiennent et n’ont rien à voir avec moi en fait. Donc ça ne sert à rien de chercher. Il faut vraiment être aveuglé par soi-même et ne pas tenir compte de l’autre ni des impacts que ça aura sur elle pour dire des conneries pareilles. Des conneries fausses en plus. Quel temps perdu. Quelle arrogance vide et improductive.
Une personne m’a conseillé d’aller lui parler, mais ça c’est une solution pour les petits malentendus. Pas pour une situation d’une aussi grande violence gratuite que ce qu’il a fait. Ce n’est pas possible d’avoir confiance en une ouverture sensible de sa part après ça. De toute façon je lui ai écrit après et il n’a pas répondu. Ça n’a rien de réaliste de penser que ce serait à moi de faire encore des efforts. Mon psy m’a plutôt recommandé de m’éloigner et de faire ce qu’il fallait pour me protéger. C’est le plus important. Avec une personne qui a agit de façon aussi brutale pour aucune raison valable, le risque c’est toujours de vivre plus d’abus malheureusement, parce que c’est ce que c’était: une situation d’abus. Pas un petit malentendu qui pourrait se régler avec une petite conversation. C’est un peu naïf de penser ça.
Donc c’est ce que j’ai fait. J’ai pris la voie qui me semblait la plus sûre pour moi et j’ai réglé le problème aujourd’hui. La fin de la session devrait se passer sans problème. Je ne l’ai pas tant fait pour moi que pour les autres plus jeunes qui ne sont pas nécessairement aussi entourés que moi sur le plan psychologique et à qui ça pourrait causer des torts plus grands. Je suis quand même prof et je ne me fiche pas du bien-être des élèves, que ce soit à l’endroit où j’enseigne ou ailleurs. C’était nécessaire pour être cohérente avec mes valeurs. Maintenant je ne devrais plus avoir à être inutilement exposée à cette personne.
Ce qui m’énerve c’est que ça a en partie amplifié certains de mes symptômes de stress post-traumatique. De savoir qu’il a fait ça en sachant que j’en souffre, ça rend la situation encore plus glauque et répugnante. On dirait que ça ne se rend pas jusqu’au cerveau des gens que c’est une bonne idée de prendre soin des autres et de tenir compte de ce qu’ils nous disent d’eux. Deux hommes aussi centrés sur eux-mêmes incapables de me voir ni de m’entendre, c’est lourd. Ça va se tasser, mais je n’avais pas besoin de ça. Personne n’a besoin de se faire traiter comme ça. Notre rôle en enseignement c’est de juger les travaux et d’aider les élèves à développer leur potentiel. Pas à juger les personnes et encore moins superficiellement, violemment ou d’autres conneries du genre. Ce n’est pas un signe qu’on va bien si on en arrive là.
La chose que je veux vraiment maintenant, c’est avoir la paix, le calme, l’espace et l’énergie pour travailler sur mes projets. Et jouer avec les chiens. Et lire. Et voir s’il reste des humains pertinents et respectueux que je ne connais pas encore.
Je suis aller piqueter aujourd’hui. Ça a passé vite. 4 jours la semaine prochaine… Le calendrier est un cauchemar, mais sinon ça va. Le moral est bon. Il devrait remonter maintenant que j’ai réglé cette situation de merde inutile. Il reste quelques détails à régler pour lundi, mais ça ira. J’ai confiance. J’ai hâte que tout ça soit loin derrière moi.
Bonne fin de semaine et à plus!
