C’est confirmé. J’ai vraiment encore attrapé quelque chose pendant la grève. C’est vraiment pénible, oui, même si ça ne semble pas être la covid. Je suis profondément épuisée et j’ai dû rester à la maison vendredi. Je m’en doutais bien parce que le jeudi matin avant la manifestation mes yeux pleuraient sans arrêt comme en cas d’allergies sévères. Je ne comprends pas trop parce que d’habitude quand il y a eu de la neige tout a gelé et les allergènes disparaissent. Nous avons vraiment un climat effrayant maintenant. Mon état de santé me désespère un peu j’avoue… un jour à la fois.

Au travers de ma pile de Kleenex j’ai réussi à avancer un peu, entre les siestes. j’ai pleuré pas mal aussi. Je pense que je suis épuisée, mais aussi encore blessée. J’ai parlé à une amie de mon projet vidéo. Je ne voulais pas avoir à jeter tout ce que j’avais fait, donc ça va porter sur le victim blaming vécu suite à différents événements violents. Je ne lui avais pas parlé du monsieur qui m’a dit que le harcèlement m’était arrivé parce que j’étais laide et qu’aucun homme ne voudrait jamais de moi. Elle a dit que ce n’était pas vrai. J’ai vraiment beaucoup pleuré parce que personne ne dit jamais ça. Personne ne me dit jamais que ce n’est pas vrai que je suis trop affreuse pour être aimée. Je comprends que c’est peut-être parce que c’est évident pour les personnes à qui je le dis, mais une partie de moi blessée a besoin de l’entendre quand même… ou de le lire.
J’avoue que j’ai un peu peur des humains maintenant. Beaucoup des hommes, mais des femmes aussi. C’est un peu moins pire avec les personnes que je connaissais avant. J’ai quand même toujours peur que tout le monde se mette à me dire des horreurs sorties de nulle part tout à coup… parce que ca arrive vraiment. J’essaie quand même de me rappeler qu’il y a des personnes avec qui ça n’arrive pas. Ça n’arrive pas à répétition, donc c’est déjà ça.
Je sais que j’ai quand même une longue pente à remonter dans les liens humains et qu’il me faudra des interlocuteurs qui font attention à moi et sont consistants dans leur façon de me traiter pour que je puisse reprendre confiance peu à peu.
Mon lit m’appelle sauvagement, mais j’ai aimé faire cette case même si elle est simple. Je déteste vraiment toutes ces choses.
J’avance a pas de tortue, mais j’avance.