
Vous avez pu penser que ce que j’écrivais sur le rejet hier était une réaction d’orgueil. Peut-être un peu, mais je pense que surtout non. Je prends ma responsabilité dans cette histoire. Je n’ai pas assez bien fait mes devoirs avant d’envoyer mon texte. En y regardant de plus près après, je vois bien qu’il n’y a pas vraiment de nouvelles personnes, de personnes inconnues, publiées dans l’espace où j’ai envoyé mon texte. Donc il y a ce facteur qui est important à considérer. Il est aussi possible que j’aie représenté un « trop grand risque » à leurs yeux à ce stade pour quelque chose qui était quand même un gros engagement. C’est ok. J’ai trouvé où j’allais plutôt placer mon texte. Ce sera plus logique et mieux pour moi aussi fond. Il y a un envers positif à tout, c’est ce que je veux dire. Aussi des fois on ne correspond juste pas au projet des autres. C’est la vie. Un ami/collègue voyant ma légère déception aujourd’hui m’a dit qu’Asimov avait eu quelque chose comme 100 rejets avant de voir sa première nouvelle acceptée. Alors je ne suis probablement pas Asimov, mais j’ai publié plus vite que lui donc c’est encourageant! (Bonhomme mort de rire)
Comme vous avez pu voir sur la belle photo, je suis allée piqueter et manifester dans la gadoue toute la journée encore. Ce soir je me sens comme une très vieille femme depuis mes jeunes 42 ans. La marche a fait paraître la journée plus courte et ça nous a réchauffés. C’est déjà ça. Il reste demain, mais demain ce sera facile je pense. Je dois aller m’inscrire au collège puis nous marcherons vers mon quartier. La manifestation se termine à 5 minutes de chez moi. Nous finirons plus tôt et je serai rendue à la maison. J’avoue qu’il est temps. J’étais déjà fatiguée d’avoir été malade si longtemps… J’ai quand même prévu un massage samedi pour me réparer un peu.
L’excellent nouvelle par contre c’est que tous ces pas pendant des heures m’ont permis de réaliser que ma blessure au pied est enfin guérie. C’était encore sensible cet été, mais la Ça semble enfin terminé. Faites attentions à vos pieds. C’est crissement long les réparer. Ça veut dire que je vais pouvoir recommencer à bouger plus. Ça me fait du bien. Je n’en pouvais plus. Ça m’a beaucoup nuit cette année de ne pouvoir faire pratiquement aucune activité physique. C’est fini. Je vais recommencer prudemment, oui. J’ai ma leçon.
Pendant la marche j’ai eu une conversation super intéressante avec un collègue que j’apprécie. Apprécier comme juste dans apprécier, même si je peux voir que c’est un bel homme. J’ai la capacité magique de ne jamais désirer mes collègues et on sait aussi que les hommes en couples m’éteignent automatiquement. Donc on a parlé de son expérience d’être un jeune homme qui a grandi dans un milieu où la pression de la masculinité toxique était vraiment intense. C’est rare les hommes qui m’en parlent intelligemment et avec sensibilité, mais j’aime ça. J’aime beaucoup ça. C’est super intéressant. Par cela, je veux dire ceux qui m’en parlent sans essayer de me faire croire que la vie est devenue atrocement terrible pour les pauvres hommes victimes d’aujourd’hui qui ne s’aperçoivent pas que leur malheur vient de leur misogynie et leur entitlement et non du féminisme ou des personnes non blanches. Je ne doute absolument pas qu’il y ait des difficultés à être un homme. Je ne suis cependant pas certaine que ceux qui mentionnent des difficultés reliées au discours que je viens de nommer savent bien identifier leurs réelles difficultés. Je pense qu’ils iraient déjà beaucoup mieux s’ils réalisaient qu’ils y a des milliers de façons de vivre sa virilité et sa masculinité autres que d’écraser les gens ou de diminuer ou maltraiter les femmes. Ils n’ont pas beaucoup d’imagination ces hommes. Il me semble que c’est plus excitant de se découvrir et de se donner la vie qu’on veut vraiment que de se ranger dans un stéréotype de marde qui rend tout le monde malheureux. (Le correcteur avait écrit « stéréotype de marée », c’est cute.). Je pense que je n’ai plus beaucoup de patience pour les personnes qui ne questionnent pas les stéréotypes de genres. Questionner ne veut pas dire tout jeter, hein? J’ai encore moins de patience pour les hommes qui essaient de m’enfermer dans un stéréotype de femme que je trouve atroce.
Si je ne trouve pas d’homme intéressant, je pourrais me recycler en Krampus originelle. Ce serait peut-être amusant. J’ai déjà le bon look.

Je voulais dire autre chose mais mes yeux commencent à se fermer sans mon consentement. Alors je vais annoncer que je lirai le 13 décembre. Je ferai un rappel un peu avant:

Je parlerai aussi d’Expozine bientôt. Je suis dans mon inventaire. J’aurai des zines c’est certain, mais aussi des photogravures et d’autres trucs.
La vieille dame va aller se cacher dans son lit heureuse.
A plus!