
Vous avez pu me trouver prétentieuse en lisant la liste de mes qualités, mais non. C’est une liste qui a été établie en thérapie sur plusieurs, plusieurs, plusieurs années. Ça m’a pris vraiment beaucoup de temps dans ma vie, avant d’accepter de me reconnaître la moindre qualité. J’ai même oublié des choses comme habile de mes mains et un bon œil… et d’autres choses aussi probablement. Mais je pense que les gens préféreront quand même se dire que je dois avoir la tête enflée. Parce qu’on aime seulement les femmes qui se détestent ou qui minimisent ce qu’elles font, se diminuant, mais appelant cela de la modestie. Je ne veux plus faire ça dans ma vie. Il y a déjà assez de personnes qui me tapent sur la tête pour que je contribue à le faire aussi. C’est correct aussi, accepter qui on est et reconnaître ce qu’on fait bien.
Je pourrais continuer longtemps, sur ces histoires de personnes qui m’ont blessée. Ce serait bien que je leur demande pour qui elles se prennent, elles, pour s’autoriser à me traiter comme elles le font. Parfois ça fait peur tellement c’est délirant les droits que les gens se donnent et qu’ils n’ont pas réellement. Je pourrais attendre à l’infini que les personnes qui m’ont traitée de peureuse face au virus au début de la pandémie viennent s’excuser après m’avoir entendue être malade pendant un mois et en être terrorisés et reconnaissent que oui, moi, les virus respiratoires m’affectent vraiment beaucoup et handicapent ma vie pour une longue période quand je les contracte. Je pourrais espérer que la personne qui rabaisse mon doctorat fasse des liens et réalise que moi, j’ai eu la largesse de coeur suffisante pour l’encourager et même participer dans son projet de recherche malgré ses commentaires mesquins et faux qui se sont étalés sur des années. Je pourrais aussi espérer que les personnes qui osent s’imaginer que je ne sais pas de quoi je parle et sont fières de me dire des informations fausses réalisent qu’on fond, ce sont elles qui ont tort et aient honte. Je pourrais attendre et espérer bien des choses des autres. Les autres semblent occupés à s’aveugler sur leurs comportements et à se raconter que c’est moi la méchante si je réagis. Il y a quand même des exceptions, oui.
Le problème avec ça, c’est quand même que ce serait fort probablement une perte de temps et d’énergie, cette attente, même si on souhaiterait que des adultes agissent mieux. Le fait est qu’il me semble que j’ai déjà attendu assez longtemps pour que ces choses se produisent. Ça n’a pas été le cas. Ça a plus eu tendance à empirer. Ça m’a épuisée. Je me le demande sincèrement, pour qui ces personnes se prennent. Ce ne sont pas des façons d’être qui me semblent viables. Pas vraiment pertinentes non plus. J’ai déjà fait des choses comme ça plus jeune, mais ça fait vraiment longtemps que j’ai dépassé ce genre d’attitudes. Je n’envie la vie de personne, pas parce que je suis meilleure ou complètement satisfaite, mais parce que je sais que tout ce que j’ai obtenu par envie d’une autre personne n’en a jamais valu la peine. Cela ne mène qu’à la cruauté et la petitesse.
Ma psychoéducatrice m’encourage quand même à trouver des solutions qui m’aident, parce qu’il y a des gens comme ça partout, il paraît. C’est un peu désespérant, oui. Aussi vraiment très épuisant. Je déteste ça. Le but à partir de maintenant, c’est de prendre soin de ma santé physique et mentale et de m’éloigner des personnes qui me font du mal, qu’elles en soient conscientes ou pas. Il y a des personnes avec qui j’ai des relations plus saines. Il y a aussi des collègues que j’apprécie énormément, dont une à qui je donnerais au moins 5 augmentations rétroactives parce qu’elle fait littéralement tout dans le département.
Force est cependant de constater que je ne pense pas qu’il soit réellement possible pour moi de me réaliser dans ce contexte à cet endroit, sauf en classe. Aucun autre projet ne me semble vraiment enthousiasmant, même si je peux comprendre l’intérêt de ces projets pour les élèves. Je parle de ce que moi je veux vraiment et de comment ce sera accueilli. Je sais déjà que peu importe ce que je propose, ce sera accueilli comme bizarre sans poser de question. Je sais aussi que peu importe ce que j’accomplis, ce sera minimisé ou dénigré. Je dois donc chercher à me réaliser vraiment ailleurs… et réussir à construire mes rêves. C’est vraiment là-dessus que je dois me concentrer et c’est ce qui m’aidera à guérir vraiment.
Pour le voisin ça va mieux. Il semble me laisser tranquille et avoir délaissé le trottoir en face. Ça fait du bien. Je me remets enfin plus et mieux. Parfois je me dis que la prochaine fois que je serai en couple, ce serait bien que ce soit un homme non-blanc. Comme ça en plus de dire que les femmes et les immigrants lui ont volé ses possibilités d’avancement, il pourrait aussi dire que les immigrants volent les femmes des hommes blancs. Ce sera drôle si ça arrive, mais vous avez dû deviner avec le temps que je ne le ferais jamais seulement pour ça. Je ne niaise pas les gens et je ne leur fais pas perdre leur temps. Je ne les utilise pas non plus, contrairement à bien des personnes. Je commence à avoir plus le goût de rencontrer. Ça prendra quand même le temps que ça prendra.
J’ai eu une belle fin de semaine, c’est déjà ça. J’ai commencé les préparatifs pour Expozine. J’ai aussi produit une série d’illustrations pour les personnes qui voudraient m’aider à financer une partie des frais de ce blogue. Voici le lien: