Réflexions sur le burn out

Il y a vraiment beaucoup de personnes qui pensent, à tort, que le burn out est causé par un excès de travail. C’est faux. Certains burn out sont causés par des additions non voulues et non valorisées à la charge de travail, ce qui était mon cas l’automne dernier. Mais ce n’est pas parce qu’on choisit de faire beaucoup de travail qu’on va tomber en burn out. Alors, s’il vous plaît, arrêtez de me dire de juste faire moins de choses quand je parle de ma fatigue. Le travail n’est pas la principale cause de mon burn out ni de ma fatigue en général. Je ne fais pas plus de choses que je m’en sens capable de faire… et oui, j’ai des moments de pause pour me reposer même s’ils ne ressembler pas à ceux communément conçus comme tels.

En fait, la principale cause de burn out dans la majorité des cas, c’est l’épuisement émotionnel. Pas la quantité de travail. Dans mon cas, c’est assez clair que c’est ça la cause de mon burn out et aussi la raison pourquoi c’est difficile de m’en remettre… puisque ça n’arrête pas. L’abus émotionnel est par exemple une des choses pouvant causer un épuisement émotionnel. Me harceler comme le voisin a fait pendant plus d’un an, c’est de l’abus émotionnel et de la violence coercitive. Faire exprès de faire du mal à quelqu’un ou de la tourmenter, ça n’a rien d’anodin. Les petites remarques assassines que je reçois souvent au travail, c’est aussi de l’abus émotionnel. Ce ne sont pas juste des opinions, non. C’est important dans la vie d’apprendre à faire la différence entre « donner son opinion » et « faire preuve de violence psychologique ». Ça n’a clairement définitivement pas l’air clair pour tout le monde.

Les gens disent parfois qu’ils n’avaient pas de mauvaises intentions en faisant quelque chose d’évidement malsain à quelqu’un. Il y a des personnes naïves qui acceptent ça comme explication d’un comportement néfaste. Pas moi. Je ne peux identifier aucune possibilité de bonnes intentions dans les choses faites par d’autres personnes dans ma vie que je mentionne ici. Mais admettons que c’était vrai, que les personnes qui m’ont blessée n’avaient pas de mauvaises intentions. Le problème avec ça, c’est que même quand on n’a pas de mauvaises intentions, nous ne sommes pas seulement responsables de nos intentions, nous avons aussi la responsabilité des effets que nos actions et paroles ont sur la personne à qui on les fait subir ou les adresse. Beaucoup de personnes préfèrent fuir ou renchérir dans la maltraitance plutôt que d’assumer leur responsabilité dans une situation. J’ai une nouvelle que vous n’aimerez pas: vous êtes responsables quand même, que vous l’acceptiez ou pas. À partir du moment où vous faites un choix qui affecte la vie d’une autre personne, vous portez la responsabilité des effets sur sa vie et sa santé.

Personnellement, je n’en ai vraiment rien à foutre des intentions (attention ici on ne parle pas de petits malentendus qui peuvent parfois arriver, mais des actes ou des paroles blessantes de façon clairement délibérée). Ce qui importe pour moi, c’est ce qui a réellement été fait ou dit. Pas ce que vous faites semblant d’avoir dit ou fait après et qui sont toujours des mensonges.

Cela fait maintenant plusieurs décennies que la science a prouvé que les actes et les paroles blessantes affectent le cerveau et la santé. C’est le cas entre autres de la capacité d’apprentissage qui se trouve diminuée, mais aussi de l’augmentation considérable du risque de dépression et de burn out chez la personne qui subit ces choses. Je ne veux donc plus entendre que ce sont juste des mots et que ça ne devrait pas m’affecter. Ce n’est pas une question d’opinion. C’est juste, à 100%, un mensonge. Il faut donc arrêter de répandre cette idée de marde et de la présenter comme vraie.

Je ne veux plus non plus entendre « Mais qu’est-ce que tu fais pour que ça t’arrive? Ça ne m’arrive pas moi! ». Ce qui impliquerait que je suis encore une fois responsable de la violence des autres. Ce n’est pas le cas. Je ne suis clairement pas non plus la seule à vivre ça. Chaque personne fait ses propres choix de comment traiter les autres et ces choix lui appartiennent complètement.

Savez-vous ce que mon psy vous répondrait si vous me disiez ça devant lui? Il dirait que le fait que ça ne vous arrive pas signifie tout simplement qu’il y a moins d’aspects et de choses enviables dans votre vie et votre personne… Je parle de mon psy parce que si c’est moi qui le dis, on m’accusera nécessairement à tort d’être prétentieuse. Eh bien non! Peut-être vous demanderez-vous ce qu’on peut bien m’envier puisque je suis toujours triste. D’abord je ne suis pas toujours triste. Si je suis toujours triste avec vous, c’est probablement ma réponse à votre façon de me traiter accompagnée d’une généralisation de votre part puisque vous ne passez qu’une minuscule portion de temps avec moi et il est abusif de projeter ces minuscules instants sur l’entièreté de ma vie. Ce n’est pas un raisonnement qui se tient.

Alors, qu’est-ce que j’ai qu’on peut m’envier? Ma force générale, ma résilience, ma capacité et ma rapidité d’apprentissage, ma créativité, mon intelligence, ma capacité de travail énorme, mes talents, ma beauté, mon charme, mon sens de l’humour, mes connaissances, mon refus de me soumettre, mon indépendance de corps et de pensée, ma curiosité, ma capacité d’émerveillement digne de celle d’une enfant, mes chiens, ma capacité d’adaptation, mon ouverture d’esprit, ma gentillesse même avec des personnes qui ne la méritent pas, mon courage, ma détermination, mon engagement, mon appartement pas cher, ma et mes passions, ma capacité d’oser faire ce que je veux faire, ma force d’être moi malgré toutes les injonctions sociales qui nous écrasent et nous poussent dans des moules malsains et… c’est déjà pas mal.

Au fond, peut-être que c’est pour ça que j’ai rarement envie de dire ou faire des méchancetés aux autres… Parce que je n’envie la vie de personne.

Ce n’est pas la seule raison.

Je continue bientôt. J’ai décidé de dormir très tôt aujourd’hui.

A plus!

Laisser un commentaire