C’est sûr que si j’avais eu la paix plus tôt, la période intense de stress post-traumatique aurait été plus courte. Si vous êtes tentés de dire que si je n’en avais pas autant parlé ça aurait aussi été plus court, vous avez tort. C’est pas mal l’étape centrale qui permet de se remettre d’un traumatisme, le fait d’en parler. Je suis aussi très heureuse d’avoir l’espace ici pour le faire. Quand j’en parlais plus dans mes relations, les gens me donnaient des conseils malsains, comme de penser à autre chose. Je pense déjà à autre chose, figurez-vous… J’enseigne, j’écris, je suis étudiante, j’ai une pratique artistique, des chiens, des tâches ménagères, des intérêts et… Et quand ils continuaient à s’entêter à me forcer à ne plus y penser et que c’était impossible à cause du CPTSD, ils me plantaient là. J’ai eu de bons amis, hein? Vous pouvez tout simplement cesser de lire si vous êtes tannés d’en entendre parler.
C’est nécessaire et fondamental, en parler. « Aussi longtemps? », demanderez-vous. Eh bien oui, parce que dans mon cas, le traumatisme a sans arrêt été réactivé par la présence exagérée et constante de monsieur qui voulait marcher sur SA rue et semble penser qu’il y a une loi imposant la nécessité qu’il se stationne devant chez moi puisque ça lui permet de marcher moins (C’est un peu difficile d’être face à une personne qui prétend que ce serait terrible pour lui de ne pas passer devant chez moi pour ne pas empirer mon état de stress post-traumatique et de ne pas arriver à la conclusion qu’il a une quelconque forme de narcissisme… au moins. C’est quand même assez sauvagement absurde, disons.). Ça fait que je n’ai pas vraiment eu de moment qui aurait permis que je puisse vraiment m’en remettre. C’est moins fréquent maintenant je pense, qu’il passe ou se stationne, mais c’est sûr que parler à la police ça a fait remonter tout ça, en particulier le très fort sentiment d’injustice que je ressens. Et quand je tombe nez à nez avec la voiture ça remonte aussi, le traumatisme. Si vous êtes tenté de me dire que ça ne vous fait pas ça, à vous, en vous sentant supérieurs, je vous répondrai que c’est une très bonne nouvelle, que ça veut simplement dire que vous ne souffrez pas de CPTSD. Vous êtes justes chanceux. Pas meilleurs ni plus fort. J’imagine que c’est vraiment l’fun pour vous. Ça ne change hélas rien à ma réalité. Et je vais faire ce que j’ai à faire pour aller mieux.
Je lis encore beaucoup sur le narcissisme et la violence. Sur la misogynie aussi. Je lis d’ailleurs un livre fantastique sur le burn out qui explique que les femmes font plus de burn out…. à cause de la misogynie, oui!

Les autrices font une distinction entre les humains de l’être et les humains du don. J’expliquerai ça plus complètement une autre fois, mais elles tiennent ces concepts de Kate Manne, l’autrice du livre sur la misogynie dont j’avais parlé l’autre jour. En gros, dans le monde où nous vivons, on attend des humains de l’être qu’ils se concentrent sur le fait d’exister et de vivre leur vie en s’affirmant. On attend des humains du don qu’ils fassent littéralement le don de leur vie en servant les humains de l’être… Devinez à quelle catégorie les femmes appartiennent dans le monde dans lequel nous vivons… C’est pour ça que ça me fait toujours rire cette idée qu’au Québec la femme est le boss… Je n’ai jamais entendu parler d’un boss qui doit prendre en charge toutes les tâches ménagères, les enfants et… tout en étant physiquement parfait et constamment doux et attentionné. La vérité me semble plus que les seules réelles décisions que nous sommes autorisées à prendre dans les relations inégalitaires, même si on nous met l’étiquette de boss, ce sont celles concernant le bien être physique de l’homme… genre décider qu’il rentre trop tard, qu’il a trop bu, que son cholestérol est trop élevé, de ce qu’il doit manger, mais aussi et surtout décider se nettoyer son intérieur et faire les autres tâches à sa place pour lui fournir un environnement sain… ça me semble plus être des décisions de maman que de boss. Vous? Les bossbonnes du Québec!
Je sais de moi que je ne veux être la boss ni la mère de personne, à part de mes chiens. Mais j’aimerais bien qu’on arrête de faire semblant qu’au Québec ce sont les femmes qui ont le pouvoir dans les relations. L’idéal, ce serait que tout le monde soit à la fois des humains de l’être et du don… mais allez faire comprendre ça aux hommes qui trouvent normal que nous leur soyons soumises et dévouées… Ils pensent que ça va de soi et que c’est l’ordre normal des choses… ça les avantage aussi, donc ils ne risquent pas d’accepter bientôt de remettre ça en question…
Aussi, dans la même veine que ce que j’écrivais il y a quelques temps, oui, il y a des femmes qui vivent de la violence en partie parce qu’elles se soumettent, la plupart du temps parce qu’elles ont elles-mêmes intériorisé la misogynie, oui oui. En général elles sont en couple, ces femmes. Ce n’est pas mon cas. Les hommes violents cherchent justement des femmes qui vont remplir toutes ces tâches à leur place tout en les vénérant et leur disant qu’elles ne seraient rien dans la vie sans eux… C’est plus l’inverse qui est vrai, mais bon… ces messieurs vont se fâcher. Et justement, je ne suis pas comme ça. Je vis de la violence parce que je m’oppose à ça, parce que je refuse de me soumettre, je refuse qu’on me contrôle et… mais ça reste de la violence quand même, ce qu’on me fait parce que je refuse des injonctions et un rôle traditionnels stériles. Ça ne leur plait pas vraiment, aux hommes violents, une femme indépendante et intelligente, figurez-vous. Encore moins une femme qui ne va pas se placer sous eux sur tous les plans. Ils vont essayer un temps de la convaincre ou de la punir… et après ils la dénigreront parce qu’elle n’a pas voulu se soumettre à leurs conneries.
Il y a des hommes qui ne sont pas comme ça, oui oui. Je ne parle pas d’eux. Pas besoin de lever la main. Je sais que vous existez. Je parlerai de vous quand ça me tentera. J’aimerais quand même que vous vous manifestiez plus souvent au quotidien.
Je ne suis pas inquiète pour le voisin. Des femmes comme je viens de décrire qui pensent qu’elles ne sont rien si elles n’ont pas l’approbation d’un homme en étant en couple, il y en a plus qu’il y a d’hommes au Québec. Il trouvera toujours chaussure à son pied sans problème… et non, je ne suis pas jalouse. Une femme me disait l’autre jour: « s’il est comme ça juste après une date, imagine comment il est en relation ». J’ai dit que je savais. Que je me rappelais très bien c’était quoi être en relation avec un homme comme ça et qu’à avoir à choisir entre les deux, je préférais le harcèlement. Vous avez bien lu, oui.
D’ailleurs, je ne comprends même pas pourquoi il est fâché. Il est peut-être fâché que je ne l’aie pas laissé m’utiliser. Ce n’est pas comme si c’était tentant ni comme s’il m’aimait ou avait réellement voulu être avec moi. Son petit ego est blessé… mais oh là là… pauvre lui. Ce n’est pourtant comme comme s’il n’y avait pas des milliers de personnes mal dans leur peau qui le laisseraient faire sans même opposer de résistance. Je suis la vilaine qui a vu dans son jeu. Mais honnêtement, de qui il se plaint? Il est en couple. Il a une femme pour être sa maman/boss. Elle est probablement bien obéissante. Il a un état civil mieux perçu. Personne ne va avoir l’avoir alarmé en lui disant qu’il va finir vieille fille. Il ne souffre pas de stress post-traumatique complexe. Il n’a pas un énervant qui l’a blessé qui passe constamment devant sa fenêtre ou se stationne en face de chez lui. Il n’a même pas été tellement blessé puisqu’il ne voulait pas de moi à la base sauf comme objet. Un objet, ça se remplace. Il n’aura pas à se remettre d’un traumatisme en se faisant en plus dire que son traumatisme doit être de sa faute d’une façon ou d’une autre par des personnes qui se racontent à elles-mêmes être bien intentionnées. Il n’a absolument rien perdu dans cette histoire. Ça m’a coûté beaucoup plus cher qu’à lui et ça me coûte encore beaucoup plus cher que ça lui coûte aujourd’hui.
Il n’a absolument rien perdu.
Moi oui. Énormément.
Les femmes qu’il trouvera ne seront certes pas moi, mais bon… Je pense que si j’avais eu une réelle importance, il me m’aurait jamais traitée de cette façon.
J’ai hâte de faire mon film. Mon pauvre adorable prof de vidéo a eu peur un instant que je veuille faire jouer le voisin dans mon film ou que je vole son image. Je suis partie à rire et j’ai dit que jamais de la vie je me ferais ça. Ça passe pour voiture parce que j’ai effacé la plaque et que je vois au moins dix voitures de cette marque par jour donc il n’y a pas vraiment de risque que celle-ci en particulier soit reconnue… mais si j’avais voulu mettre sa face à quelque part, j’aurais demandé à mon ami qui voulait mettre la face du vilain partout après ce qu’il m’avait fait afin de dénoncer son comportement… Donc non, il ne sera pas dans le film. Mes enfants-loups et moi oui, par contre.
Bon. Je vais me reposer. Je n’ai même pas fini d’être malade!
Je voulais laisse une citation et un gars qui me fait rire infiniment.
A plus!





