J’ai eu encore une bonne journée.
J’ai vu mon psy qui était pas mal découragé lui aussi sur les commentaires déplacés et faux que je reçois sur mon doctorat. C’est insensé comme situation. C’est aussi que ça revient tout le temps. La personne concernée sait aussi ce que je pense de son opinion des personnes ayant un doctorat, soit qu’elle est caricaturale, fausse et blessante. Mais non, ça ne suffit pas de le dire. Il faut toujours en remettre par-dessus. Comme s’il y avait une raison rationnelle et valable de faire une caricature dénigrante et fausse des doctorants et de les haïr. C’est juste ridicule, puéril et haineux et je déteste ça les généralisations. A un moment donné, il a même été question d’abolir la reconnaissance du doctorat et de remplacer le fait que nous soyons payés plus par plus d’avantages sociaux pour tout le monde. Je ne pense pas que les personnes qui font ces demandes soit vraiment conscientes de ce qu’elles demandent. Je ne pensent pas qu’elles trouveraient normal que des personnes qui n’ont pas la même formation qu’elles ont soient payées le même salaire qu’elles du jour au lendemain. Elles veulent avoir la même chose que nous sans avoir à faire les efforts supplémentaires que nous avons fait pour l’avoir. Ça ne fonctionne pas vraiment comme ça dans la vie.
Il avait été présenté aussi comme argument que l’école de la vie serait tout aussi valable que de faire un doctorat. Qu’est-ce qu’ils pensent exactement? Que nous vivons dans une bulle extra-terrestre pendant notre doctorat et que l’école de la vie nous est épargnée? C’est clairement n’importe quoi. L’autre argument serait que ça ne fait pas de nous de meilleurs professeurs… ça n’est absolument pas la question. Un département se compose de forces et de faiblesses différentes, de compétences et de savoirs différents. Ce n’est pas une compétition. C’est supposé être un travail d’équipe… pas une guerre… et la personne qui se sent supérieure et se permet de dénigrer les compétences et le travail des autres, ce n’est clairement pas moi dans cette situation.
Nous vivons dans une société et un système d’éducation où le fait d’avoir la détermination d’aller chercher une expertise particulière est récompensé. Ça a une valeur réelle. J’ai une expertise particulière que d’autres personnes n’ont pas et oui, que ça plaise ou pas, c’est une forme de valeur ajoutée, ne serait-ce qu’en diversité de points de vue et de compétences. Je n’ai personnellement pas de problèmes à admettre mes faiblesses. Je n’ai jamais pensé qu’avoir un doctorat me rendait supérieure à mes collègues. Au-delà de ça, ça reste quelque chose que tout le monde n’a pas les capacités de faire et ça aurait été plus intelligent qu’on cherche à le mettre à profit comme département plutôt que d’essayer de me faire croire que je n’ai pas de valeur continuellement. C’est faux. C’est le seul endroit dans ma vie où bizarrement mes connaissances et ma personne ne valent rien. Ailleurs on juge mes compétences et mes contributions riches et pertinentes. Parfois encore plus.
Aussi, puisqu’il était question d’argent, c’est une personne qui sait ce que je traverse. Mais curieusement ça lui a paru plus intelligent de me lancer une connerie dénigrante par la tête que de faire preuve d’empathie. Ça fait juste deux ans que j’ai mon vrai salaire et même là encore pas toujours. C’est ça mon problème. Pas mes chiens. Pas mes tatouages. Tsé… parce que mes choix de vie sont différents, ca signifie automatiquement qu’ils sont superflus et il semble qu’on sera seulement content le jour où je vais me passer de tout et fermer ma gueule et rester dans mon trou sans rien faire en attendant qu’on veuille bien me donner la permission d’exister, mais si et seulement si je vis selon les règles qu’on m’impose.
Au lieu d’essayer de comprendre ce que je vis, on va toujours chercher des raisons n’ayant aucun rapport avec ma situation réelle pour essayer encore de me dénigrer. Je vis seule à côté d’un violent qui me pourrit la vie et qui est dangereux ne serait-ce que pour ma santé mentale. J’essaie de payer mes dettes le plus vite possible pour crisser mon camp mais c’est difficile quand on vient à peine de commencer à avoir son vrai salaire. Si elle veut mon salaire, qu’elle fasse les efforts pour l’avoir. C’est aussi simple que ça. Personne ne va lui donner juste pour lui faire plaisir.
Tout est toujours noir ou blanc aussi. Il me semble que c’est normal que dans la situation que je traverse et parce que je vis seule, le fait de vivre des pertes salariales considérables m’affecte. Figurez-vous donc que c’est possible pour moi d’être à la fois en faveur de la grève et inquiète pour mon avenir financier si cela dure trop longtemps parce que pour moi ça signifiera de rester plus longtemps paralysée dans une situation qui me nuit sévèrement. Mon cerveau est capable d’intégrer tout ça. Ben oui! Dur à croire, hein? Je suis capable d’aider les autres tout en me souciant de mon avenir. Quelle étrange attitude!
Mais non… tout est toujours noir ou blanc. Apparemment mes deux seuls choix sont soit d’accepter que le travail pour lequel j’ai sacrifié une bonne partie de ma vie pendant sept ans n’a aucune valeur et ne m’a apporté aucune compétence que d’autres n’ont pas… soit je demande un respect minimal et on me met alors une étiquette de tête enflée sur le front. Reconnaître ses compétence ce n’est pas avoir la tête enflée. Reconnaître ses compétences ce n’est pas non plus penser qu’on est supérieure aux autres. C’est juste se connaître soi et connaître la valeur de son apport. Ça a l’air vraiment compliqué d’imaginer qu’il peut y avoir d’autres postures… par exemple juste me respecter moi, mes connaissances et mes accomplissements et juste me crisser la paix. Qui je suis n’enlève rien aux autres. Ce n’est jamais nécessaire d’écraser les autres pour avoir sa place. Ça n’a pas l’air clair pour tout le monde.
Mais je n’ai pas le droit de rien dire sinon ma réaction sera jugée excessive alors que ce sont des propos profondément irrespectueux, haineux et violents qui mériteraient une réponse quand même assez brusque, oui. Les propos qui m’ont été tenus sont absurdes et inacceptables. Ce sont des propos qui pour moi relèvent du délire et d’un problème d’estime de soi sévère. C’est insensé, inacceptable et illogique tout simplement.
Mais j’ai quand même décidé que je n’avais plus de temps à perdre avec ça. Je me concentre sur ce qui est constructif dans ma vie et sur les personnes respectueuses. Si les gens veulent se raconter des mensonges, ça les regarde… mais ce n’est pas vrai que je vais accueillir ça dans ma vie et me laisser manquer de respect. Personne n’a besoin de ça. Surtout pas moi. J’ai atteint mon quota de personnes violentes sous toutes les formes il y a vraiment longtemps de ça. Il n’y a plus de place dans ma vie pour ces personnes-là. Encore moins si ce sont des personnes que de mon côté j’ai toujours soutenues et défendues quand les autres parlaient contre elles. C’est encore plus répugnant. Il n’y a rien d’autre à faire que de m’éloigner.
Ce soir j’ai présenté où j’en suis dans mon travail pour mon livre d’artiste. Les commentaires ont été super bons. Les gens ont trouvé que j’apportais quelque chose sur le plan du contenu et de la forme. Personne n’a fait de commentaire dénigrant, lâche ou stupide. Au contraire tout le monde trouvait ça intéressant et pertinent. Beau malgré la difficulté du sujet. Utile aussi, parce que c’est rare, les personnes qui savent parler de ces sujets de façon aussi accessible et claire que moi. C’en est une partie, de mon expertise, oui. Il y a des personnes qui l’apprécient. C’est très difficile, ce que je fais. Ça me rend heureuse quand je rencontre des personnes qui peuvent nous voir, mon travail et moi.
Je vais au lit heureuse malgré les personnes aux comportements et paroles inutiles et pénibles. Prête à continuer mon travail demain. Je connais son importance maintenant.
Bonne nuit!
