Lentement, très lentement même, mais elle change, oui, la vie. Je retrouve peu à peu plus d’espoir même si j’ai encore des difficultés. Je suis encore très malade et tout le monde est terrorisé de m’approcher pour ne pas attraper ce que j’ai. Je ne pense pas être contagieuse, mais bon. Ces choses ne sont pas toujours perçues de façons rationnelles. Alors je garde mon masque pour rassurer tout le monde. Ça fait bizarre un peu de voir les gens compatir et trouver que j’ai l’air de mal aller. Moi, je suis habituée à ce type de maladie. J’en ai au mois une par année. Ce n’est plus la covid. C’est quelque chose qui affecte mes sinus, mais ce n’est pas une sinusite. Je le reconnaîtrais si c’était ça. J’en ai tellement eu! Ça impressionne plus les autres que moi. Ça passera et la version de l’an dernier m’avait causé une blessure aux côtes donc on peut dire que celle-ci est moins pire… mais je suis tannée d’être ralentie et fatiguée.
J’ai donné un cours sur Jack l’Eventreur et sur la séquestrée des Poitiers. Je pense que c’était pas mal intéressant. J’ai parlé de la fonction de la médiatisation de la criminalité, du conditionnement social qui va avec, des fausses croyances sur les quartiers dits chauds, du grand renfermement et de physiognomonie. Tout un programme!
J’ai eu un bon rendez-vous aujourd’hui. On a commencé à parler de techniques pour désamorcer les commentaires que les gens me font. Ils restent des commentaires anormaux, mais il faut absolument que je m’éloigne des personnes qui m’en font quand c’est possible et que je travaille à ce que ça m’affecte vraiment beaucoup moins quand ça arrive… même si c’est normal que ça m’affecte, ne serait-ce que par la fréquence absurde à laquelle ça m’arrive. Un homme m’avait dit un jour que si les gens me connaissaient vraiment ils m’aimeraient. J’ai l’impression que c’est vrai maintenant. Il reste que je ne peux pas forcer les gens à me connaître. Leur violence et leurs préjugés leur appartiennent à la fin. J’ai quand même beaucoup de questions à me poser et de réflexion à faire concernant mon avenir professionnel.
Ce soir j’ai présenté mon projet vidéo sur la mort de la femme de William S. Burroughs. La réaction de la classe a été très positive et très forte. Ça m’a vraiment rendue heureuse. Je m’attendais au contraire à des critiques. Une jeune féministe m’a même dit qu’elle m’admirait de m’engager autant dans ma pratique et de parler de ce que j’ai vécu. Je suis encore surprise, mais je vais le prendre. J’en ai besoin un peu, on dirait.
C’était une très belle journée et soirée.
Je vais aller au lit. Je dois finir le projet photo puis commencer deux autres projets. J’ai aussi décidé de faire un autre petit livre avec les photos prises pour la vidéo… mais calisse que C’est compliqué acheter une bonne nouvelle imprimante!
Bonne nuit!
