S’accrocher

C’est quelque chose de très étrange et lent, se remettre d’un traumatisme. c’est difficile à expliquer. Le pire pour moi ce n’est pas souvent ce que la personne a fait de traumatisant même si c’est toujours grave et terrible. Le pire, ce sont les réactions des gens qui jugent bon d’en remettre par dessus après, comme si la personne qui a vécu le traumatisme n’allait pas déjà assez mal. Comme si elle ne portait pas déjà la honte de l’agresseur, parce que c’est ce qui se passe au début. C’est la personne agressée qui a honte et non celle qui a commis l’agression. Alors entendre, je préférerais dire subir, tous les discours complètement faux de monsieur et madame tout le monde qui n’y connaissent rien mais déclarent sans gêne des choses infondées sur la violence comme si c’était une question de vie ou de mort pour eux sans se poser de questions sur ce que ça fera à l’autre, c’est infiniment lourd et violent et retraumatisant.

Parfois les gens évitent de me parler de ce que j’ai vécu pour ne pas m’y faire repenser. C’est très mal comprendre ce qu’est le stress post-traumatique et les traumatismes en général. Parce que si les gens savaient, ce serait clair pour eux que c’est impossible de ne pas y penser parfois pendant une très longue période et se forcer à ne pas y penser ne fonctionne pas non plus. C’est en fait important d’y penser et d’accepter de vivre les émotions que ça génère afin de désensibiliser les souvenirs traumatiques. Alors en fait ça me fait du bien d’y penser et surtout d’en parler, mais seulement quand la personne en face de moi est réellement bienveillante et surtout pas occupée a juger et à faire comme si elle savait mieux que moi, alors que dans les faits elle a (et encore c’est probablement généreux) environ 1/10 de mes connaissances sur le sujet. La plupart des conseils que les gens donnent en pensant bien faire sont en fait les pires choses à faire quand on traverse un traumatisme. Renseignez-vous vraiment avant de donner des conseils qui pourraient nuire.

J’ai beaucoup de retour des souvenirs traumatiques ces jours-ci. Plus de ceux des commentaires violents des gens que de l’histoire réelle qui commence en fait à s’estomper, ce qui ne veut pas dire qu’elle ne m’affecte plus. Il ne suffit pas que la menace disparaisse pour que tous les effets secondaires disparaisse. Mais ça aide quand même, oui.

J’ai découvert et appris des choses super importantes et intéressantes aujourd’hui durant ma rencontre pour mon suivi. Dont le fait que l’état dans lequel j’étais après la terrible soirée est en fait un état de dissociation. Je ne savais pas que ça pouvait se manifester comme ça. J’ai aussi appris de nouveau symptômes d’anxiété que n’attribuais jusqu’alors a des problèmes de santé physique… des signes de maladie, mais qui sont juste des suites de cette histoire. Des suites pénibles, oui. Elles ne proviennent cependant pas de problèmes de santé physique. On a fait un exercice avec un bd et ça a débloqué plein de trucs. C’était vraiment intéressant.

J’essaie de m’accrocher au travail. Il reste juste un virus demain et après je serai à la maison pour dix jours à peu près sauf une journée où je dois me présenter au collège. Ça va faire un bien fou. Je suis parfois surprise d’avoir tenu aussi longtemps sans me laisser submerger par mon état. Je peux être fière de moi. Les choses vont encore s’améliorer.

Durant cette période, parce que j’aurai terminé mes corrections, je pourrai plonger dans la création et je pense que ça m’aidera. J’ai trouvé ce livre aussi qui n’est pas ce que sont tirée semble annoncer. Récemment je m’intéresse plus aux récits de vengeance. Pas pour me venger. C’est parce que je me demande si ces œuvres répondent à un besoin réel et quel est leur impact social. Le livre raconte l’histoire d’une femme qui se fait harceler par son voisin… Je l’ai découvert par hasard en lisant un autre texte féministe. Sauf que elle, elle m’appelle pas la police. Elle devient une meurtrière point de reprendre des violences subies aux mains fes hommes, plus particulièrement par ce harceleur. C’est intéressant.

Je ne deviendrai pas une meurtrière, non. Je vais au lit.

A plus!

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