J’ai eu une drôle de semaine, à la fois pleine de choses positives, mais aussi de choses négatives.
J’ai encore une fois été victime de victim blaming, inconscient je pense, mais quand même. C’est vraiment incroyablement encrassé dans la mentalité commune que si nous vivons une violence, nous devons d’une façon ou d’une autre en être responsable. Non, je ne suis pas attirée par les hommes violents. Il faudrait que je sois stupide ou folle pour que ce soit le cas. Je suis tannée que les gens cherchent des raisons qui me rendraient coupable des violences vécues. Je ne le suis pas. Les personnes violentes sont responsables à 100% de leur comportement comme chaque être humain sur terre à part les enfants en très bas âges qui n’ont pas encore conscience des autres. Les personnes violentes font leurs choix. Certaines personnes violentes sont conscientes de ce qu’elles font, certaines pensent que c’est normal, d’autres se mentent tellement à elles-mêmes que malgré toutes les personnes blessées, elle se racontent que l’autre est le problème et… toutes ces personnes sont responsables de ce qu’elles font, peu importe le niveau de conscience qu’elles en ont et peu importe les mensonges qu’elles se racontent à elles-mêmes. Je ne comprends pas comment on peut lire tout ce que j’écris ici et quand même rester avec la criss d’idée qu’au fond c’est la faute des victimes si elles sont violentées, peu importe la façon déguisée qu’on a de le dire. Ma thérapeute fait d’ailleurs dire que ça peut arriver à absolument n’importe qui. Il faudrait que ça vous rentre dans la tête à un moment donné. Ça et le fait que ça n’a rien à voir avec une supposée faiblesse de la victime. Je n’ai rien d’une personne faible, si je l’étais, avec tout ce que j’ai traversé dans ma vie, je serais morte depuis crissement longtemps. Il faut au contraire une très grande force pour arriver à faire tout ce que j’ai fait dans ma vie malgré tout ce que j’ai traversé. Aussi ils ne l’ont pas d’écrit dans le front. C’est impossible de savoir qu’ils le sont à moins d’avoir passé un peu de temps avec eux. Ils n’ont pas de cornes, ni de griffes épeurantes aux mains (mais ils en ont parfois aux pieds. C’est arrivé.)
Aussi, je suis vraiment tannée des personnes qui se mettent la tête dans le sable et pense que c’est rare, la violence et les abus sexuels. C’est au contraire extrêmement fréquent. À Montréal, une femme sur trois sera agressée AU MOINS une fois dans sa vie. Ça veut dire que plusieurs le seront plus souvent, parfois bien plus que moi. Aux États-Unis, les scouts ont fait à eux seuls 82 000 agressions de jeunes hommes. Si on ajoute à ça les victimes des religieux, des professeurs, les agressions intra familiales, les agressions par des inconnus, la masculinité toxique enseignée de génération en génération, la misogynie enseignée de génération en génération, les criss de masculinistes et…. Ça fait un mélange pas mal explosif tsé… et des milliers (voire plus) d’hommes à très grands risques d’être des agresseurs. Ça ne va pas mieux ici, non.
Ça prend en moyenne neuf ans (à cause de la marde qu’on leur enfonce dans la tête) à un homme pour qu’il ne fasse que s’admettre à lui-même (et éventuellement aux autres) qu’il a vécu quelque chose qui peut faire qu’il a un problème de comportement et de ses pensées qui fait qu’il nuit aux autres… et parfois ils n’arrivent jamais à le conscientiser. Les femmes ne sont pas nécessairement mieux, non, mais on ne le sait pas, parce qu’on dit aux hommes que c’est être faible que de parler, d’avoir des émotions et de demander de l’aide… alors ils se taisent s’ils vivent des abus et en commettent sans se remettre en question. Je viens de regarder un documentaire avec un malade qui s’était promis de violer 10 000 femme dans sa vie et qui n’a jamais, à aucun criss de moment, envisagé que ça pourrait être même juste un peu bizarre de sa part.
Faites le ménage de vos cerveaux et des idées de marde qui y vivent. Ma situation n’est pas rare ni anormale. Elle est au contraire très courante et beaucoup vivent pire que moi. Je suis vraiment dégoûtée de l’hypocrisie et des mensonges. Ça me donne envie de vomir. Ça me donne aussi envie de vomir qu’on essaie de me rendre responsable de la violence des autres. La différence dans mon cas c’est que je m’en rend compte extrêmement plus vite que la moyenne des gens. Être capable de le détecter dans une seule interaction prolongée comme je l’ai fait, c’est extrêmement rare et une preuve de force et de lucidité. La plupart des gens restent pendant des mois voire des années avec des personnes violentes sans s’avouer qu’elles le sont ou parce que l’autre les a complètement détruites et qu’elles croient leurs mensonges. La prochaine personne qui ne fait qu’insinuer que ce serait de ma faute, ja vais juste l’envoyer chier sur le champ, parce que je n’en peux vraiment plus d’expliquer. Je les reconnais ET je ne reste pas (jamais) avec les hommes violents. Qu’est-ce que vous voulez de plus tabarnak? Je ne peux pas les faire disparaître même si ce serait mieux pour tout le monde s’ils refusent de régler leurs criss de problèmes.
Grande respiration.
Sur le plan créatif, mes projets ont eu des développements et les deux pour mes cours ont été acceptés. Voici les personnages de mon projet vidéo. Ne vous attachez pas trop à la fille, elle perdra la tête. Et oui c’est une critique de Burroughs pour qui je n’ai aucun, mais aucun respect.



J’ai encore moins de respect pour les personnes chez qui une lueur amusée s’allume dans leur œil quand ils entendent le récit de la mort de sa femme… et je ne parlerai pas des personnes qui trouvent ça carrément drôle.
J’ai fait une liste de mes symptômes de stress post traumatique et c’était intéressant. La prochaine fois nous allons commencer l’intervention plus ciblée sur ces symptômes et j’ai très hâte. J’ai aussi parlé de mon avenir avec mon psy et c’était pas mal intéressant. De nouvelles avenues commencent à s’ouvrir.
Finalement j’ai aussi développé d’autres projets créatifs plus concrets. Au travers de ça j’ai été malade toute la semaine et ça m’a quand même aidée un peu que les élèves soient en grève. Je pense que je serai assez en forme pour retourner au travail lundi. Les virus et maux qui courent sont encore une fois pénibles cette année et les allergies infernales. Maudits arbres mâles, maudits urbanistes obsédés par la masculinité au point de nous planter juste des arbres mâles pour ne pas avoir à s’occuper des maudits fruits. Ils sont tellement brillants qu’ils ont oublié de penser au pollen et aux allergènes. Merci, hein?
Bon je vais me coucher de bonne humeur malgré tout ce que je viens d’écrire.
Bonne fin de semaine!