Dans quel monde je vis?

La semaine a été un peu difficile. Surtout sur le plan de la santé, d’où mon dernier billet. On dirait que je voudrais juste dormir pendant plusieurs jours. Ou au moins rester à la maison en pyjama. Je me force quand même à sortir et à faire mes choses. J’ai hâte d’être moins fatiguée. J’ai hâte qu’un petit coup de gel vienne tuer toutes ces allergies, même si je sais que ça annoncera l’arrivée de la longue période froide. Le fait est que j’aime bien l’hiver, même si j’ai hâte de le passer ailleurs que dans mon petit et froid appartement. Ça fait maintenant 18 ans que j’y habite. C’est fou quand même! Presque la moitié de ma vie. Je me sens moins dans l’urgence de le quitter depuis l’intervention de la police qui m’a apporté beaucoup de paix.

Je me suis beaucoup inquiétée de ce qui arrive en ce moment aux personnes trans. J’ai toujours l’impression que la société régresse sur plusieurs plans et cela m’enrage et m’épuise. Ça me donne envie de ne plus faire partie du monde quand ça me traverse. Personnes trans qui parfois me lisez, soyez assuré.e.s que même si je ne parle pas beaucoup de ce qui vous arrive ici, je parle de vous en classe, avec les jeunes, puisque c’est entre leurs mains que notre avenir repose. Je ne peux pas faire voir les faits à tout le monde, ni les convaincre de s’informer et de lutter pour les droits de chaque être humain… mais je peux ouvrir des portes dans la tête des jeunes. Ça, je peux le faire et c’est déjà ça, même si j’aimerais pouvoir plus.

Malgré les quelques difficultés que je vis encore, je sens que de l’espace se dégage de plus en plus dans mon cerveau. De l’espace pour penser à l’avenir, pour entreprendre des démarches, pour vivre et pour créer. Ça fait incroyablement du bien. Je pense que je vais passer la fin de semaine à faire ça, mais aussi cuisiner et continuer de vider le jardin. Croustade, soupe, tricot et création… Je suis heureuse de l’arrivée de l’automne. Ça signifie qu’enfin les gens me ficheront la paix pour le fait que je préfère le cocooning aux sorties.

Ces jours-ci j’ai envie de rencontrer quelqu’un, mais en même temps cela me semble représenter beaucoup d’énergie dont je ne sais pas si elle serait bien investie. Ça dépendrait de l’intelligence et des valeurs de l’autre. Je n’ai pas envie qu’on me fasse perdre mon temps. Je n’ai pas envie non plus d’être encore une fois le miroir qui révèlera à l’autre qu’il a des comportements violents qui font qu’il n’est pas bon d’être en relation avec lui. Tout à l’heure j’ai vu passer une recherche qui abordait le fait que les femmes vont en thérapie pour apprendre à considérer leurs besoins importants et que les hommes y vont plutôt pour apprendre à considérer les besoins des autres et pas seulement les leurs… Ça correspond pas mal à ce que j’ai vécu et ce que je connais, je dois dire. Je n’ai ressenti aucune surprise face à ce constat. Je trouve ça quand même particulier, d’avoir à expliquer à des humains que les autres ont aussi des besoins et qu’ils sont aussi importants que les leurs. J’ai effectivement dû apprendre l’inverse, soit que j’avais le droit d’exister et d’avoir des besoins.

Je dois quitter. Je me suis promis aussi d’atteindre certains objectifs durant les prochains jours. Je ne sais pas quand j’écrirai ici la prochaine fois. Je vous souhaite une très belle fin de semaine!

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