Le travail sur soi

Je suis en train de lire un livre sur les personnes ayant grandi dans des familles où au moins un des parents souffre d’un trouble de personnalité narcissique. Dans le passage sur le stress post traumatique complexe qui affecte les enfants de narcissiques, il est mentionné à plusieurs reprises que pour se rétablir, il faut disposer d’un espace à l’abri et à distance des personnes ou des situations ayant causé le traumatisme. C’est à la base pour ça que les enfants développent le stress post-traumatique complexe: parce que la présence des personnes qui les blessent leur est constamment imposée. Ça rappelle une situation?

Je dois avouer que depuis l’autre matin, j’ai des flashes de la face du violent dans son char qui me passent par la tête. Ça va se dissiper maintenant qu’il ne peut plus approcher de moi ou de mon appart à part pour aller payer son loyer, ce qui, on s’entend, est juste une fois par mois… Je devrais finalement avoir mon espace pour me remettre, alors que ça aurait été juste naturel et normal que je l’aie à la base… il y a une plus d’un an.

Je vais reprendre l’histoire depuis le début parce que je devrai la raconter pour mon autre suivi (en plus de celle de ma famille et les autres affaires 🙄). Vous pourrez me dire si vous voyez un endroit où j’aurais pu agir autrement. Ça se peut que ce soit en deux parties. Je ne consacre pas plus qu’une certaine limite de temps à penser à cette situation à chaque jour et c’est important pour moi de ne pas la dépasser pour pouvoir mieux reprendre le cours de ma vie et avoir une vie moins pénible bientôt. J’ai mis mon minuteur. Je tape!

Donc, moi, femme qui a vécu plusieurs violences dans sa vie et qui n’est pas vraiment pressée de fréquenter un homme, je vois un homme qui m’intrigue dans mon quartier. Je ne sais même pas si je le trouve attirant ou pas, mais je suis curieuse alors je souris quand je le vois sans insister. Ça, c’était il y a trois ans. Il manque me frapper avec son char en sortant super vite d’une cour arrière et alors que je suis juste sous l’effet de la surprise, il me gueule après et me dit qu’il n’a pas le choix, comme si sortir de la cour prudemment et lentement n’était pas un choix… (oui, je sais… j’aurais dû perdre intérêt à ce moment… mais parfois les gens se fâchent quand ils ont eu peur…)

Je n’ai rien fait d’autre pour attirer son attention. À un moment où les mesures sanitaires se relâchent un peu et que j’ai encore peur de parler à des nouveaux hommes, je me force à lui poser des questions sur un de ses établissements qui a fermé pendant la pandémie. Ça se passe ok. J’ai réussi mon défi. Je ne demande rien de plus. Un peu plus tard, je le croise au sortir de l’hiver et je lui dis que ça fait du bien qu’il fasse plus chaud. Je ne demande rien de plus. Je trouve qu’il n’a pas l’air de vouloir parler plus. Je n’insiste pas.

Cassius arrive de toute façon et je pense alors juste à lui en essayant de l’élever et le socialiser de mon mieux malgré la pandémie. Un autre hiver passe et tout à coup, en février, il se met à me faire de gros saluts quand il me voit. Je réponds distraitement parce que ma tête est vraiment rendue ailleurs. Quelques semaines plus tard, Cassius fige et ne veut plus avancer et les regarde lui et son ami dans un parc alors que je suis gênée de ne pas pouvoir faire avancer le chien et alors il me parle et je vais leur parler à lui et son ami quelques minutes. Je repars sans rien demander de plus que d’avoir posé quelques questions polies sur son travail et parlé de choses vagues, genre de mon projet naissant d’aller vivre à la campagne avec le chien. Quelque chose qui n’a rien d’un flirt. Ma curiosité est un peu piquée à nouveau. Je ne fais rien de plus. Je suis encore terrorisée des choses que j’ai vécues. (Je pense qu’il lisait déjà peut-être mon blogue à ce moment puisqu’il a, par hasard et avant de me demander mon travail, dit quelque chose de positif au sujet des personnes en littérature.) Je pense que c’est ce soir là que je lui ai donné un plant de tomates parce que j’en avais trop fait pousser d’une sorte.

Je le recroise quelques fois et je ne parle pas plus qu’il faut, je dis bonjour et ça s’arrête là. Un jour alors que je suis au parc avec Cassius pour qu’il fasse pipi, j’entends quelqu’un qui dit « hey » à répétition. Je finis par lever la tête et c’est lui qui est là avec d’autres personnes et me demande si je veux prendre un verre avec eux. J’accepte même si je suis encore mal à l’aise socialement. Ça se passe ok. À un moment donné il lâche qu’on devrait prendre un verre. Je dis ok. Je repars chez moi.

Ça se met à me faire stresser à cause de toutes les expériences négatives que j’ai vécues, mais je me dis quand même que je vais laisser une chance à la situation. Je pars en vacances. Je reviens. Ça me stresse. Je me force à le relancer sur son invitation alors que je me sens dans un tel état de stress que ça ne me tente plus beaucoup en fait. On y va le jour même. Je lui parle (il y avait un contexte) du fait que c’est difficile pour moi d’être là à cause de ce que j’ai vécu et j’explique certaines choses que j’ai vécues tout en mentionnant le stress post-traumatique complexe. Il fait comme si ça n’avait pas d’importance et parle d’autre chose.

J’aimerais souligner ici que malgré cet aveu très courageux de ma part et les interactions précédentes, aucune blonde n’a jamais été mentionnée à aucun moment. Elle me le sera qu’environ cinq heures plus tard. On parle de différentes choses et ça se passe assez bien à part que je trouve que parfois il a l’air de savoir des choses à mon sujet que je ne lui ai pas dites. Je le soupçonne de lire le blogue sans me le dire, mais j’attends de voir. Il se met à pleuvoir, on va dans sa cour. Il finit par me parler de sa blonde après que j’aie parlé d’une femme qui avait fait quelque chose dans un de ses établissements et ça adonne que c’est elle. La soirée continue mais je suis vraiment sous le choc et je lui demande qu’est-ce que je fais là s’il est en couple. Il se fâche contre moi et me raconte son histoire comme quoi il trouve ça trop long avant que la personne mourante dans la famille de sa blonde meure et qu’il veut reconstruire sa vie, qu’il ne comprend pas pourquoi elle lui a fait ça. Les personnes qui vivent chez lui arrivent. Il suggère d’aller dans sa chambre (ce n’était pas la première fois). Je refuse à nouveau. J’ai pensé partir, mais il pleuvait beaucoup et j’espérais qu’il dirait quelque chose d’intelligent qui me montrerait que la situation n’était pas aussi insensée qu’elle en avait l’air.

Je fais une pause ici pour parler de la question préférée de mon psy qui est: « Qu’est-ce que tu espères obtenir en faisant ça? ». C’est une question qu’il me posait quand j’étais plus jeune et que j’avais des tendances plus malsaine. Donc ma question est: qu’est-ce qu’il espérait en me cachant qu’il était en couple tout ce temps? Parce qu’on s’entend qu’il n’y a pas vraiment de façon que ça ne me blesse pas qu’il l’ait caché, en plus de me faire perdre mon temps inutilement.

Rendue là, je suis pas mal saoule. Il m’a sorti plusieurs clichés sur les femmes en essayant de me rentrer dedans de force alors que je n’ai rien à voir avec les comportements qu’il décrivait. Ça m’énerve, mais pour une raison inconnue, j’espère encore avoir tort à son sujet. Il me dit à tout bout de champ qu’on est pareils et me fait pleins de compliments qui sont tellement nombreux qu’ils me mettent mal à l’aise venant d’une personne que je ne connais pas.

On va chez moi car je dois sortir le chien. Une fois que c’est fait il pleut encore alors je propose d’aller sur mon balcon où nous serons à l’abri. Tout ce temps-là, je suis déçue et blessée et j’aurai juste dû lui dire de s’en aller. Il se met à me parler de relation et me demande ce que je veux de lui, ce que je veux comme relation et bla-bla-bla, choses bien trop intenses, pas juste le fait d’en parler, mais d’insister à ce point comme si je devais prendre une décision immédiatement alors que je ne le connais même pas. Je suis encore juste au stade de la curiosité bien qu’elle se soit pas mal désintégrée sous l’effet des révélations de la soirée. Quand il finit par dire qu’un jour il sera encore avec elle (sa blonde), je me dis que là c’est vraiment juste trop ridicule comme manque de respect mais je sais qu’il est colérique alors je fais la fille conne qui flirte un peu tout en précisant que je ne coucherai pas avec lui si c’est juste ça qu’il voulait. Il reste un peu, puis finit par partir. Je le raccompagne en bas pour lui ouvrir la grille. Il me demande si je vais le raccompagner jusque chez lui. Je ris un peu amèrement et je dis non en lui refermant la grille au nez. Avant de me coucher j’écris à ma belle-sœur que ce gars a vraiment des affaires à régler et je lui dit ce qu’il avait caché. Elle trouve ça terrible.

Je me relève avec la gueule de bois. Je me mets à pleurer de découragement suite à la situation et comment c’est possible de ne pas être conscient des autres à ce point-là. Je suis aussi en colère. Je n’ai pas sons numéro. Je ne peux pas lui texter que je ne veux pas le revoir. L’état de stress post-traumatique me recouvre tranquillement. J’ai de la misère à marcher tellement je suis en état de choc. Je me force à sortir pour le chien. Je me force à lui faire un signe de la main quand je le croise parce que je suis trop polie et qu’une partie de moi espère encore qu’il n’est quand même pas aussi con et qu’il s’excusera et s’expliquera.

Rien ne vient. Je continue à prendre soin de moi et vivre ma vie. Il y a les cartes dans l’entrée et il y a mon courriel sur une bd que je lui ai donnée. Rien. Je m’aperçois qu’il passe souvent devant chez moi. Je m’aperçois que quand il passe devant chez moi il regarde dans mon appartement. Je trouve ça bizarre. Je l’observe à plusieurs reprises regardant dans mes fenêtres quand il pense que je ne le vois pas. Quand il me voit il ne me parle pas et ne fait aucune mouvement pour venir me parler. J’arrête de me forcer à lui faire salut et je l’ignore. Parfois il marche derrière moi et fait des bruits de gorge, mais je l’ignore, me disant qu’il n’a qu’à me parler s’il veut le faire. Il ne fait rien. Il continue son harcèlement silencieux à la place tout en me lisant probablement en cachette au lieu de me parler. Il se stationne sans arrêt sous mes fenêtres. J’appelle la police. Ils me disent d’aller lui dire de ne plus me parler de ne plus m’approcher. Je sais qu’il est colérique. Ça ne me tente pas et je ne lui dois rien. Je n’ai pas envie de subir une autre crise pour un gars qui n’est pas foutu d’avoir un minimum de respect pour moi. Je me dis qu’il va finir par se tanner. La police me dit d’accumuler des preuves. Je fais ça.

Mon psy m’a un peu taquinée l’autre jour en me disant que si c’était moi, il aurait fallu qu’il n’y ait plus aucune place de stationnement de libre dans la ville avant que je me stationne devant chez quelqu’un que j’ai blessé et qu’il aurait fallu me traîner de force pour que je passe devant la demeure d’une personne à qui j’ai fait du mal et à qui je ne me suis pas excusée. C’était une blague, mais une blague qui correspond pas mal à la réalité parce que pour moi, quand on blesse quelqu’un, on ne passe pas son temps à se mettre dans sa face. Ma belle-sœur a suggéré que c’était peut-être quelque chose de territorial… mais bon… si c’est ça c’est un peu stupide. Nous ne sommes pas au temps des seigneurs et des vassaux. Ce n’est pas parce qu’on vit à quelque part qu’on a droit de vie ou de mort sur les habitants et absolument personne ne l’a élu seigneur du village. Ça n’arrivera jamais. Passer à répétition sans raison valable devant chez quelqu’un est du harcèlement. Regarder à l’intérieur de chez les gens de façon répétée et intrusive est illégal, même pour les petits seigneurs qui se sont donné leur titre eux-mêmes.

Tout ce temps-là, il me lit. Il voit que son comportement n’empêche d’aller mieux et ne nuit. Il décide de continuer malgré tout sans jamais essayer de faire quoi que ce soit de constructif pour changer ou régler la situation. Il voit que ça me cause des problèmes à chaque fois que je le vois. C’est ça le stress post traumatique: ça reactive le traumatisme à chaque fois qu’on revoit la personne qui nous a blessée et il faut recommencer le travail. Il continue quand même. Il se fiche éperdument de ce que ça me fait et n’a aucune respect pour le travail que je fais pour le rétablir non plus et continue son manège alors qu’il n’a absolument aucune raison de se trouver devant chez mon aussi souvent. Je vais mieux. Si je le dis, il réapparaît. Je me mets à parler à un homme dont nos chiens s’aiment, au lieu de juste travers ou passer plus loin, il passe entre nous agressivement en retournant sa tête plusieurs fois et traverse la rue quelques pas plus loin. Je le trouve épeurant. Je commence à penser à déménager. Je fais des demandes pour l’aide aux victimes flaches criminels. J’en fait une pour son comportement aussi puisque c’en est un, un crime. L’aide m’est accordée. On me confirme que c’est de la violence… même si je le savais déjà très bien.

Je continue ma vie. Chaque fois que je pense qu’il est enfin disparu, il réapparaît. Parfois seul, parfois avec une femme. Parfois c’est moi qui le voit. Ou alors un voisin qui s’est mis à le regarder à son insu parce qu’il s’inquiétait pour moi me dit qu’il passe encore sans arrêt. J’essaie de continuer ma vie. Je commence à aller mieux. Je commande le plastique pour la fenêtre parce que là je n’en peux plus de le voir sans arrêt et de faire toujours des rechutes de stress post-traumatique et que ça paralyse ma vie.

Je le vois avec une fille. Je continue mon chemin en les ignorant. Je me retourne et ils ont changé de direction pour prendre la même que moi. Je trouve ça ridicule. Je rentre chez moi. Je me demande s’il m’espionne encore. J’ai mon idée pour voir s’il sera assez orgueilleux et insensible pour amener la fille chez moi. Le plastique arrive ce jour-là. Il fait son petit numéro avec la fille et ils passent à répétition devant chez moi jusqu’à ce que je finisse par installer le plastique. Le trouvant vraiment con et immature tout en ayant confirmé qu’il a continué à m’espionner tout ce temps-là.

Au lieu de comprendre le message et de me foutre la paix, il m’aperçoit un matin en train de poser des affiches de ma vente de garage, il ralentit avec son char et me fixe agressivement le menton en l’air en ne regardant plus la route, mettant ainsi la vie d’autres personnes en danger juste pour satisfaire son petit plaisir malsain. Peut-être vous direz-vous que je l’avais mérité après le tour que je lui ai joué, mais non. Ce que je lui ai fait, c’est juste une « pichenotte » sur son orgueil comparé à l’ampleur et la durée de ce qu’il m’a fait. Une autre personne capable de réflexion sur elle-même aurait pu se dire: « Ouch! C’est vrai que c’est plate de se faire niaiser et manipuler, je ne le ferai plus! » Eh bien non! Lui il pense que la meilleure affaire à faire c’est de me faire peur avec son char. Et il trouve ça normal.

J’appelle la police. Vous savez la suite. J’ai oublié de mentionné que malgré son professionnalisme, la policière a quand même dit que c’était vraiment un weirdo avec des problèmes et que ce n’était pas un comportement normal avant de quitter l’appartement. Euphémisme s’il en est un. Ça n’était pas dans mes objectifs de lui nuire jusqu’à cet appel à la police. Il ne m’en a pas laissé le choix.

Je repose la question: Qu’est-ce qu’il espérait obtenir en faisant tout ça? Parce que c’est clair que répéter un comportement malsain et blessant à l’infini ça n’allait jamais rien donner de bon. J’imagine qu’il ne s’est pas posé la question. S’il voulait que j’arrête de dénoncer son comportement sur le blogue, il aurait pu aussi faire des choix plus sains et plus intelligents… tsé… Il a eu un an pour réfléchir et agir autrement… mais non. C’est moi le problème, c’est sûr! C’était la première fois de ma vie que je devais me rendre jusqu’à appeler la police pour me débarrasser d’un homme envahissant.

J’aimerais finir cet interminable billet qui souligne ce que j’ai dû endurer pendant plus qu’un an après avoir été à une seule date avec u. Homme que je ne connais pas en m’adressant aux hommes. Si vous faites quelque chose d’irrespectueux à une femme qui a pris la peine de se forcer à se confier à vous pour ne pas mal démarrer une relation et qu’elle vous ignore pendant un an, elle ne vous aime pas secrètement, non. Si elle est rendue à mettre du plastique sur les fenêtres pour ne pas vous voir la face, c’est que vous auriez dû comprendre le message depuis longtemps déjà. Si elle vous envoie la police, c’est un signe que vous êtes allé vraiment trop loin et que vous avez de sérieux problèmes. La fille ne veut rien savoir de vous. Elle veut que vous décrissiez de sa vie. Elle ne vous aime pas et ne vous aimera jamais parce que vous avez rendu ça impossible en agissant de façon malsaine et criminelle. Allez consulter! Ça presse! Ce n’est pas une insulte. C’est un fait.

Merci d’avoir tout lu!

Je vais profiter de mon espace de guérison acquis à force de beaucoup d’efforts!

Je suis enfin libre!

A plus!

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