Une petite parenthèse avant de parler de moi. Quand j’ai raconté à une amie ce qui m’est arrivé l’autre matin, elle m’a répondu: « Oh non! Il ne t’a pas fait ça, le tabarnak! Moi aussi on m’a déjà fait ça! C’est de l’intimidation! Criss qu’ils sont pathétiques à se penser courageux à essayer de nous faire peur dans leur char! ». Alors non, je ne suis pas seule à qui ca arrive et encore une fois: rien de nouveau au royaume des hommes violents. Ils font tous les mêmes choses, constamment, toujours. Une fois qu’on le sait, c’est impossible de se tromper. On sait à qui on a affaire. Ça n’existe pas, les personnes saines qui ont ce genre de comportement. Une personne saine qui réagit comme il l’a fait durant la dernière année après ce que je lui ai dit de ma vie, ça n’existe pas non plus. Mais assez de lui.
Je voulais, dans ce billet, dire que j’ai pris d’autres mesures pour assurer ma sécurité. Des mesures personnelles, mais aussi avec d’autres voisins qui savent qui c’est et qui le gardent à l’œil. J’ai un genre de neighborhood watch, oui. Toutes les personnes dans mon immeuble sont aussi au courant. Deux hommes m’ont offert d’aller chez eux à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit si je ne me sens pas bien seule à la maison. Un des deux savait très bien de quoi je parlais. Il a été harcelé pendant des mois par un chauffeur de taxi parce qu’il n’avait pas pris le bon taxi… il sait c’est quoi se faire envahir par une personne qui perd sa rationalité. Son conjoint, qui est avocat, a aussi pris la peine de me ré expliquer à quoi m’attendre et ce que je devais faire. L’autre aussi en fait sait ce que je vis. Il a été harcelé pendant quatre ans de son côté… Je dirais que je suis pas mal en sécurité et que je suis entourée de personnes qui ont une très bonne idée de ce que je vis.
Durant la visite de la police, c’est surtout l’agent homme qui était en colère. La bouche lui est tombée plusieurs fois quand j’ai décrit la dernière année. Je pense que beaucoup d’hommes sont crissement écœurés que d’autres hommes agissent comme des caves immatures et inconscients. L’agente suivait plus la procédure, mais elle était pas mal moins impartiale quand elle m’a rappelée plus tard pour confirmer qu’il avait été avisé par message parce qu’impossible à rejoindre autrement et que oui, ça comptait comme un avertissement. Elle m’a dit quoi faire pour la suite, s’il y en avait une parce que parfois ils deviennent pires en fait après une visite de la police. Elle m’a dit de rappeler s’il se passait n’importe quoi que je trouvais exagéré ou menaçant. Une personne n’a quand même pas besoin d’aller constamment au Pharmaprix ou à l’hôpital, ce qui seraient les deux endroits qui justifieraient la nécessité de passer sur mon tronçon de rue absolument… mais ce n’est même pas absolu en fait parce qu’on peut s’y rendre très très efficacement par d’autres chemins.
Donc je voulais vous rassurer. Je continuerai d’être prudente parce que je ne suis pas naïve. Je sens quand même que la voie est enfin libre pour une plus belle vie. N’hésitez pas à me proposer des activités si le coeur vous en dit. C’est possible que je dise non si je me sens encore trop fatiguée, mais je serai transparente sur mes raisons et pas bête, ça c’est promis.
A plus!
