Les jours plus faciles

Aujourd’hui était mieux. Je me sens encore dans cet étrange état d’amoureuse de la vie, mais avec moins de remontées des souvenirs pénibles. J’y pense moins souvent qu’avant, à ce qui m’est arrivé, mais en même temps, je n’ai pas le choix d’y penser à cause des démarches que je fais… et à cause de la présence trop fréquente de l’autre. Il y a des jours où ça me remonte en travers de la gorge assez violemment. C’est ça le stress post-traumatique et non, ce n’est absolument pas un choix. Si je refoulais ça ressortirait autrement, soit en me faisant me faire du mal, soit en devenant moi-même une de ces personnes qui, elles, choisissent réellement d’agir avec lâcheté et méchanceté, donc en trou du cul, comme j’en rencontre tellement.

Le besoin d’avancer plus vite et de vivre des choses différentes devient de plus en plus fort en moi. Je pense que ça signifie que j’ai réparé ce qui bloquait le plus mon fonctionnement et que je me sens revivre enfin. Hier, j’ai regardé une vidéo sur le détachement où il était question des cas de harcèlement. La psy disait que de l’extérieur les autres peuvent confondre le fait qu’on pense souvent à la personne avec de l’amour alors que ça n’en est pas du tout. La personne qui subit du harcèlement est en quelque sorte condamnée à vivre en état d’hyper vigilance tout le long du harcèlement et malheureusement ça ne disparaît pas tout d’un coup. C’est parce que j’ai été retraumatisée par les passages incessants et injustifiés de l’autre que j’y ai pensé si longtemps. C’est parce que ça a affecté gravement mon système nerveux et qu’il y avait un danger réel dans cette situation, même si abstrait pour les personnes à l’extérieur de la situation. L’avocate m’a aussi bien avertie de ne jamais sous-estimer ce que les gens peuvent faire même après que la situation ait l’air de s’être calmée.

Le stress post-traumatique m’a tellement, tellement paralysée… Je n’en peux plus. Le trouble de stress post-traumatique n’est pas un choix et n’est pas une maladie mentale. C’est une réaction du système nerveux et du cerveau à quelque chose d’insupportable et d’inadmissible. Ça n’arrive pas pour rien et alors que quelqu’un ne nous aurait rien fait de grave. J’ai changé beaucoup durant la dernière année. Au début j’allais plus mal, mais depuis quelques temps, malgré des difficultés encore présentes, je pense que je vais mieux que jamais et que l’avenir s’ouvre vraiment.

Malgré l’urgence que j’ai de vivre autre chose, je sais que je dois rester prudente. Je dois trouver quelqu’un d’intelligent et d’informé. Quelqu’un qui réfléchit et qui se remet en question. Pas quelqu’un de manipulateur ni quelqu’un qui se contente de clichés de merde sur les hommes et les femmes. Pas quelqu’un de violent. Pas quelqu’un qui vit dans le déni. Pas quelqu’un qui voit les autres comme des moyens plutôt que des personnes. Quelqu’un de respectueux et de conscient. Quelqu’un ui est capable de faire des liens. Pas quelqu’un qui trouve bizarre ce que je vis ou qui a des préjugés bidons et violents sur ce qui m’est arrivé. Surtout pas quelqu’un de harcelant. Quelqu’un qui sait poser des questions, au lieu d’assumer qu’il sait tout mieux que moi…

Je ne vais pas me dépêcher. Je ne vois pas le fait d’être en couple comme quelque chose de nécessaire. Le jour où ça arrivera, ce sera quelque chose de réfléchi et sain. Je ne suis pas une personne qui se soumet à ses pulsions et ses désirs passagers.

J’ai hâte de commencer l’université. Ça me fait toujours du bien. Ça se passe bien au travail, même si j’ai peu envie d’y passer du temps. J’ai envie d’être avec les élèves, mais pour le reste bof. On a beaucoup ri aujourd’hui d’ailleurs et les chiens étaient fous de joie quand je suis rentrée. C’était une belle journée. Cassius est un pot de colle depuis que je suis rentrée. Hannah saute partout. Ils m’ont manqué aussi.

Je pense que je vais me débarrasser le plus vite possible du plus de formulaires que je pourrai dans les prochains jours. Je sais que je ne pourrai pas faire disparaître complètement l’autre énervant du paysage jusqu’à ce que quelque chose de gros se produise dans ma vie ou alors qu’il finisse par rencontrer quelqu’un et aller vivre avec ailleurs. Je sais que ça ne sert à rien de dire quoi que ce soit à ces femmes, surtout pas quand elles sont sous emprise. C’est moi qui recevrait la merde. Il faut les laisser voir par elles-mêmes. Les manipulateurs mentent toujours au sujet de ce qu’ils ont fait et au sujet des autres femmes avant. Et les gens sont désespérés d’être aimés alors ils croient n’importe quoi… jusqu’à ce qu’ils le voient de leurs yeux et parfois ça n’arrive même pas tellement ils ne s’aiment pas. Le pire c’est aussi que même s’il rencontrait quelqu’un, ça ne voudrait pas dire que j’aurais la paix. Il y en a qui n’arrêtent jamais.

J’ai ma vie à vivre et je dois prendre soin de moi. Je ne suis pas responsable des autres. Je sais ça que j’ai vécu et ce que je ne veux plus jamais vivre. Me débarrasser des formulaires diminuera au moins la part de cette histoire sur laquelle j’ai un contrôle. Ce sera déjà ça de moins. Je ne peux pas forcer les gens à agir intelligemment et respectueusement. Je l’accepte maintenant. Je peux juste les maintenir le plus possible hors de ma vie quand j’ai vu qui ils sont.

J’ai hâte de dormir.

Bonne soirée!

Joseph Beuys

Laisser un commentaire