Vivre

J’avais commencé à écrire un autre billet que je publierai bientôt, mais il me demande quand même une quantité intense de réflexion afin de ne pas trop heurter les sensibilités. J’ai beaucoup d’informations à donner pour y arriver. J’ai décidé que j’étais un peu trop fatiguée pour ça à la fin de cette semaine qui a été particulière à plusieurs égards… mais ça a quand même été une bonne semaine.

D’abord mon psy est revenu de vacances et ça m’a fait plaisir de reprendre la thérapie même si je m’étais quand même bien débrouillée pendant son absence. Il est toujours très constructif, ce qui change de la moyenne des personnes que je croise souvent et qui me semblent parfois ne voir que des obstacles partout. Ça a quelque chose d’infiniment précieux aussi, d’avoir au moins un être humain qui ne connaît pas notre histoire que de façon superficielle. Je suis consciente que je le paie, oui, mais il y a bien des psys moins consciencieux qui disent n’importe quoi à leurs patients. Comme le psy de mon amie qui lui avait dit que c’était à elle d’apprendre à son chum comment s’occuper de l’enfant, vieux restant de l’idéologie complètement fausse voulant que les femmes naissent avec l’instinct maternel et savent donc quoi faire dès qu’un nouveau né leur sort d’entre les jambes… à la quantité d’enfants maltraités et négligés qu’il y a, il me semble que ça devrait faire longtemps que cette idée est complètement disparue de la surface de la terre… mais bon, les idées prennent du temps à mourir, on le sait.

J’ai vécu une sorte d’expérience de victime blaming inconscient aussi. Assortie de toutes sortes de préjugés que je n’avais pas vus venir. C’est sur ça que portera le billet difficile à écrire… et sur des choses très humaines que j’ai apprises durant la rechercher pour mon doctorat. Je pense m’être bien sortie de la conversation et avoir quand même réussi à rester calme. Il y a cependant quelque chose de très épuisant dans toutes ces personnes qui semblent vraiment décidées à identifier une erreur qui viendrait de moi ou de mes choix qui expliquerait pourquoi j’ai vécu tant de violence… comme si nous ne les avions pas toutes examinées en long et en large, les possibilités, en thérapie pendant toutes ces années. Les préjugés sont aussi très tenaces et prennent, ma foi, autant de temps à mourir que les idées fausses, idées fausses qui sont aussi souvent des préjugés, j’en conviens, mais pas toujours. Parfois les idées fausses sont construites délibérément (ou pas complètement puisqu’elles peuvent aussi reposer sur des peurs et animosités irrationnelles) malheureusement.

Ça a l’air aussi vraiment difficile pour plusieurs personnes d’admettre qu’elles en savent peut-être moins que moi sur la violence et la santé mentale… et que celles-ci sont complexes et non caricaturales.

Le travail recommence bientôt et je ne me sens pas vraiment prête même si cela me stresse moins qu’il y a quelques mois. Je pense que je réussirai à ce que cela se passe bien en utilisant quelques stratégies. Le temps avec les élèves est pas mal toujours intéressant. Je limiterai cependant vraiment beaucoup le temps passé au travail avec d’autres humains, sauf bien sûr les personnes en qui j’ai confiance et qui sont toujours les bienvenues dans ma vie. Adieu la naïveté et l’insouciance pour le reste des humains! J’ai assez donné dans les déceptions.

Une personne m’a dit que je méritais de l’intelligence et de la sensibilité (en parlant de mes relations avec les hommes). Je pense que c’est vrai et ça m’a fait du bien. Je ne pense pas que ça court tellement les rues par contre… J’ai rajouté que je méritais aussi de l’amour sincère. Ça peut sembler superflu de le dire, mais de ce que je vois, beaucoup de relations sont fondées sur la méconnaissance de soi et de l’autre et c’est impossible alors qu’il y ait vraiment de l’amour… Beaucoup de relations sont aussi construites sur l’instrumentalisation de l’autre et/ou des dynamiques violentes et ça non plus, ce n’est pas de l’amour heureusement. Ça ne mérite pas d’en porter le nom.

Je commence à constater des changements dans ma vie. A la fois sur le plan du niveau d’énergie et de la diminution des dettes. Ça me fait me sentir mieux. Je ne m’en veux pas. Avec la vie que j’ai eue et combien ça m’a coûté de me soigner des problèmes des autres, ce n’est que normal que j’en sois arrivée à ce niveau d’endettement. J’ai confiance que je m’en sortirai. Ce que souvent on ne comprend pas aussi, quand on n’a pas traversé le même genre d’épreuves, c’est que pour penser que ça vaut la peine de mettre des sous de côté, il faut penser qu’on a de l’importance et qu’on vivra pour l’utiliser cet argent, choses qui n’ont pas toujours été claires pour moi. Mais aujourd’hui, oui, je me sens assez importante pour faire ça pour moi. J’ai même ouvert un CELIAPP. On ne rit plus. Je suis finalement devenue une adulte ayant envie de vivre. Je reviens de loin!

Ma production de zines avance. J’ai hâte. Ça va me faire du bien de passer un peu de temps dans ce milieu. Plus je vieillis et plus je vois combien mes valeurs, mes intérêts et mes choix sont différents de ceux de la plupart des personnes que je rencontre. D’un côté ça me rend triste parce que je subis toutes sortes de choses qui m’apparaissaient impensables plus jeune. Par exemple les dynamiques de pouvoir ou encore la quantité époustouflante de préjugés qui continuent d’exister pour des raisons irrationnelles. D’un autre côté, ça me rend heureuse de ne pas avoir ce type de mentalité et je crois que je fais les bons choix. Des choix sains et porteurs. Je préfère être dans ma vie… et surtout dans ma tête! (Malgré le CPTSD, oui.)

Voici le lien pour le salon. Je remettrai les détails dans les jours avant l’événement.

https://facebook.com/events/s/incroyable-salon-du-zine-2eme-/603702141833833/

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