Je suis allée chez mon nouveau coiffeur hier. Je l’apprécie beaucoup et je suis heureuse d’avoir changé. Il est sain, drôle, joli et intelligent. A un moment de la conversation, j’ai commencé à dire la phrase: « Des fois on dirait que les hommes hétérosexuels pensent… ». Sur quoi il m’a coupé en disant « Pensent pas. On dirait qu’ils ne pensent pas. ». Ça m’a bien fait rigoler et le moment et la coupe m’ont fait du bien. Je suis d’accord que souvent on diraient qu’ils ne pensent pas, même si ce n’est pas ce que j’allais dire. Je ne veux pas entendre la satanée phrase « pas tous les hommes ». Bien sûr que non, pas tous les hommes. Je pense qu’on a déjà établi ça. La réponse la plus pertinente est toujours « quand même assez d’hommes pour que ce soit un problème qui nuit socialement. ». Je me suis dit aujourd’hui qu’à partir de maintenant quand on me dirait des niaiseries généralisantes sur les femmes sans aucune gêne, je répondrais systématiquement « pas toutes les femmes » sur le même ton énervant qu’ils prennent à chaque fois pour dire ça.
J’ai fini le livre sur les façons d’être plus heureux quand on est HPI. Ils ne sont malheureusement pas tous bons. Ça n’a pas été très concluant pour celui-là et j’en retiens peu. Si ce n’est qu’il faut que je trouve le courage d’être encore plus moi et de me soucier vraiment moins des choses blessantes qu’on me dit souvent et qui n’ont la majorité du temps rien à voir avec qui je suis ou ce que je fais réellement dans la vie.
Il y avait aussi un long chapitre sur les relations amoureuses qui m’a confirmé encore une fois que les femmes HPI ont plus de difficulté à trouver de bons partenaires de vie. Être une femme HPI fait aussi partie de pourquoi je vis de la violence si souvent. C’était écrit mot à mot dans le livre. Et ça vient encore une fois des maudites idées de genre, du fait, par exemple, que traditionnellement l’intelligence est associé aux hommes (certaines femmes en sont aussi convaincues d’ailleurs) qui semblent malheureusement trop heureux d’oublier ce à quoi nous étions soumises et comment nos apports ont été effacés de l’histoire en répétant des phrases connes voulant que la preuve de notre infériorité intellectuelle soit que nous n’avons apparemment jamais rien fait de mémorable… ou encore en traitant nos textes de « littérature de bonne femme » au lieu d’essayer de vraiment comprendre ce que nous leur disons et de voir comment ils sont aussi directement concernés par ce que nous vivons (en bonne partie ce qu’ils nous font vivre)…
Pourquoi je vis autant de violence en lien avec mon intelligence? Parce que beaucoup d’hommes ont une estime d’eux-mêmes très fragile. Ils sont incapables d’être en couple avec une femme ayant des capacités intellectuelles étant égales, voire supérieures aux leurs. De plus grands accomplissements? Ça aussi c’est hors de question! Si jamais ça arrive, vous savez ce qu’ils font au lieu de travailler sur eux-mêmes et leurs insécurités? Ils deviennent violents. Eh bien oui… ça leur semble plus intelligent… d’où cette intro sur le fait que beaucoup d’hommes ne semblent pas tellement réfléchir.
Ils se mettent à dire des phrases violentes. Des phrases qui rabaissent nos accomplissements, notre apparence et… toutes les sphères de nos vies. Le but étant de reprendre une position de pouvoir, de domination. Quand on tente de dialoguer avec eux sur ces phrases, ils en remettent par-dessus ou alors ils prétendent que ce sont juste des blagues (alors que c’est clairement de la violence psychologique et qu’il n’y a aucun doute que c’est ce que c’est). Mais voilà: plutôt que de travailler à devenir meilleurs, à s’améliorer comme personne, à se construire une confiance en soi saine, ils préfèrent détruire la nôtre. Ça nous rendra plus dociles et moins tentées de partir, puisqu’ils nous rétorqueront sans aucune gêne que personne ne voudra jamais de nous à part eux ou d’autres conneries manipulatrices et destructrices de cet ordre.
Non, ces comportements que d’autres femmes et moi vivons sans arrêt ne viennent pas de nous et ne sont pas notre faute. Si vous êtes un homme en couple avec une femme qui fait ça, vous n’êtes pas le problème non plus. Le problème c’est que ce sont des personnes qui ne s’aiment pas et choisissent la violence au lieu du travail sur soi.
Il n’y a aucun homme dans ma vie qui s’est jamais soucié du travail qu’il a fallu que je fasse pour devenir capable d’aimer après avoir été violée… deux fois, on s’en souvient et maltraitée dans beaucoup de relations. Absolument jamais aucun homme ne s’en est soucié. AUCUN. Ça leur semble juste normal que je sois ouverte à les rencontrer et gentille… alors qu’eux se permettent de me faire n’importe quoi et de n’avoir aucun respect pour ma vie et aucun souci de ce que leurs conneries vont me faire. Ils tentent ensuite de me faire croire en plus que le problème c’est moi… et ne feront surtout jamais aucun effort pour changer ou même juste pour apprendre à connaître l’autre en face d’eux.
Je chiale, je chiale, mais ça me décourage. Malgré mon chialage d’aujourd’hui, je continue d’aller mieux. Ça m’a juste découragée de lire des témoignages d’autres femmes douées qui subissent les mêmes conneries. Je continue à me sentir guérie des conneries du voisin. La tristesse n’est pas revenue. La peur non plus. Je me sens libre. C’est pour ça que je dis que je suis guérie. Mon coeur est ouvert à un gros 20% je dirais.
Mais quand même… après avoir écouté un podcast sur les féminicides, j’ai parlé à une avocate qui m’a donné beaucoup d’informations et de bons conseils. J’aurais définitivement dû lui téléphoner plus tôt… et non, elle non plus ne trouvait pas qu’il s’agit d’un comportement normal.
J’en parlerai plus une autre fois.
Bonne soirée et à plus!
