Ce matin, le petit monsieur qui me faisait toujours un signe pour me dire bonjour dans le parc pendant la longue promenade de Cassius s’est décidé à me parler. Il m’a posé toutes sortes de questions sur ma vie et ma carrière et m’a dit que ça faisait du bien d’apprendre à me connaître un peu. Puis il m’a dit que je suis une très belle petite femme. Une très très belle petite femme. J’ai dit merci même si je n’avais rien demandé et je suis partie parce que c’est souvent à ce moment que les choses risquent de déraper. Ça semblait quand même plus gentil et cute que glauque. Après, j’ai ri en rentrant chez nous.
J’ai ri pendant un long moment. Pas du petit monsieur, non. Il était bien gentil. Peut-être vous demandez-vous pourquoi je souligne ces occurrences d’hommes essayant de me montrer qu’ils me trouvent désirable depuis un moment. C’est lié aux conneries qui sont sorties de la bouche du vieux monsieur en janvier, oui. Mais, contrairement à ce qu’on pourrait penser, je ne cherche pas à prouver quelque chose. Je me réjouis en fait. Quand j’étais plus jeune, plusieurs hommes violents ont essayé de me faire croire que j’étais laide, qu’aucun autre homme qu’eux ne voudrait de moi (discours classique des hommes violents, oui), que je n’étais pas une femme adéquate et bla-bla-bla. Les conneries usuelles, oui. Le vieux monsieur était juste le dernier en date. Conneries que j’ai quand même crues un temps, malheureusement, quand j’étais plus jeune. Alors je ne ris pas des hommes qui me font des compliments ou des avances, non. Je ris de ceux qui mentaient et/ou avaient tort. Je me trouve belle depuis un moment déjà donc non, mon regard sur moi ne dépend plus du regard des hommes. Mais tant que les commentaires ne sont pas glauques ou agressifs, ça me fait rire de plaisir devant la connerie des hommes violents maintenant.

Je vais continuer l’histoire que j’ai commencée hier bientôt, mais je voulais surtout rassurer sur mon état de santé. J’allais mieux aujourd’hui, même si je me sentais encore un peu faible physiquement. Ils annoncent la fin des chaleurs terribles pour vendredi et ça m’aidera beaucoup. Vous comprenez peut-être mieux pourquoi je déteste l’été maintenant. Mon organisme le supporte très mal. J’ai pris ça relax, mais j’ai quand même pu travailler un peu sur mon cours et sur mon livre. Je pense que je suis enfin arrivée à la dernière entrée de mon journal sur mon premier agresseur. Je l’ai revu plusieurs années plus tard, mais je ne pense pas avoir gardé de traces de ces incidents par écrit. Il me faudra travailler de mémoire, mais heureusement la mienne est bonne. Aussi j’ai amplement de choses à dire. C’est plus long que je pensais, mais je pense que c’est normal que je ne sois capable que de faire à ce rythme considérant les implications émotives et intellectuelles que ça me demande.
Je profite de cette mise à jour de comment je vais pour dire que je pense que mon coeur est enfin remis du dernier homme qui a choisi d’agir comme un con dans ma vie. Ça a été vraiment long, mais j’en ai profité pour apprendre beaucoup et je n’oublierai jamais cette histoire même si ce ne sont pas pour des raisons qu’on aime se rappeler. J’ai su en faire quelque chose d’utile pour moi. Je me réjouis de ne pas être dans une mauvaise relation. Je suis heureuse d’aller de l’avant. Mon coeur est quand même juste ouvert d’un gros 15%, mais ça fait du bien de sentir que c’est derrière moi. Je n’ai plus trop d’inquiétude. Je pense que s’il devait faire quelque chose d’intelligent ou de pire ce serait déjà arrivé après tout ce temps. Je sors donc du cauchemar et je n’y pense pratiquement plus. C’est une excellente chose. Donc après la peur, c’est la tristesse qui part.
Encore une dernière journée de chaleur épouvantable et après j’aurais enfin une petite pause. J’ai commencé à lire un livre sur le HPI pour mieux vivre les relations en général et m’épanouir plus. Je pense que ça aidera, même si, à la fin, ça ne devrait pas toujours être à moi de faire les efforts.
Prenez soin de vous.
A bientôt!