
Il aura suffit que je me dessine avec un râteau pour en faire apparaître un dans le parc. Si seulement c’était si facile… Je me dessinerais un système nerveux réparé, une meilleure santé, un St-Hubert bavant aux oreilles infiniment pendantes, un endroit à moi où vivre en sécurité et en paix, des sous pour payer mes dettes même si ça avance bien, un emploi où il n’y a pas de manque de respect, un été moins chaud, un hiver un peu plus doux, plus de temps et d’énergie pour réaliser tous mes projets… et peut-être un homme non misogyne et non violent qui m’écoute, pose des questions, comprends, réfléchis et est honnête et courageux… oh et qui sait ce qu’il veut aussi!
Mais peut-être que c’est possible, oui. Pas à force de dessins magiques, mais en faisant des petits efforts tous les jours et en ne me laissant pas détourner de mes objectifs ni vider de mon énergie par toutes les personnes qui vont mal et agissent par conséquent de façon destructrice dans ma vie. Mes rêves sont assez simples au fond. Je peux y arriver, un jour à la fois.
Tout à l’heure j’ai eu un massage pour ma cage thoracique parce que j’avais vraiment beaucoup de difficulté à respirer depuis quelques jours. Ça semble aller mieux. Quand je suis sortie, j’ai croisé le râteau (qui n’était pas là par magie, mais simplement oublié par les paysagistes de la ville que j’avais vus le matin) en allant au jardin. Le ciel est devenu d’un gris incroyable très rapidement et après avoir pris quelques haricots, les premières framboises et une courgette, je me suis dit que j’avais assez de légumes et qu’il valait mieux rentrer puisqu’il y avait l’avertissement de tornade. J’ai juste eu le temps de sortir les chiens rapidement avant que l’incroyable orage s’abatte sur nous. C’était magnifique! Les chiens ont essayé de faire peur au tonnerre. Il est parti dont je leur ai dit qu’ils avaient réussi. Ils étaient très fiers.
Je trouve ça très apaisant, les orages sauvages. Je le suis dit que ça nettoyait tout le mal qu’on m’avait fait et que je me lèverais plus légère. J’ai décidé de me reposer jusqu’à dimanche. Après ce sera assez et je reprendrai graduellement le travail sur mes projets. Je dois faire des listes et des horaires demain pour être prête. Je dois faire des programmes progressifs pour retrouver la forme et ma bonne humeur. J’avais peur que la tristesse de l’autre jour s’invite pour un temps. La mémoire traumatique ça fait ça parfois. Mais non. Ça a plutôt marqué une sorte de fin on dirait. Je me sens plus libérée que hantée maintenant. C’est une très bonne chose. La peur n’est jamais revenue depuis que j’ai constaté sa disparition l’autre jour. Je peux m’en réjouir, je crois, tout en restant lucide au sujet du fait que tout n’est pas gagné pour moi non plus. Il me faudra de la patience… beaucoup de patience.
Mon coeur est ouvert à 5% maintient. J’ai changé d’unité de mesure, oui… c’est plus simple comme ça.
Je vais dormir. J’ai eu, mine de rien, deux journées épuisantes pour une femme supposée être en vacances. Je suis fière de ce que j’ai envoyé au magazine féministe même si je sais que certaines personnes en seront fâchées. Je vous laisse sur une photo d’Hannah l’ogresse dans un tiny tiny body. Hannah qui était bien triste de se lever ce matin. Quelle face quand même!
