Congé

J’ai décidé de prendre congé aujourd’hui pour me remettre de troupes ces émotions. J’ai quand même consulté les avis de toutes les personnes qui lisent mes textes publiés et les évocations de mes textes dans des articles ou des thèses pour me rappeler que oui, il y a des personnes qui apprécient mon travail. Je suis aussi arrivée à la conclusion que finalement, mine de rien, c’est moi, la personne la plus lue mondialement où je travaille et que je ne ressens pourtant pas le besoin de le mettre constamment dans la face des autres… et puis finalement j’ai décidé de consacrer mon été à l’avancement de ma vie et de mes projets comme je l’avais prévu initialement. J’ai la conscience claire et c’est très agréable. Je préfère ma vie comme ça et c’est la personne que je veux être. Ma ligne de conduite est décidée pour l’avenir.

Pour me reposer et me changer les idées, j’ai regardé des documentaires sur des sociétés anciennes en mangeant des chips puis en tricotant des mitaines sans doigts que j’essaierai de vendre mais que je donnerai à un organisme de charité si ça ne fonctionne pas. Je les fais avec des restes de laine des commandes que j’ai eues cette année. Comme ça ce ne sera pas perdu ni gaspillé et ça finira par servir à quelqu’un. Tout le monde a besoin de chaleur à un moment où un autre. Ça me fera plaisir si j’aide à en donner.

Je suis aussi allée au jardin, puis voir un ami pour qui j’avais fait deux foulards que je n’avais jamais eu le temps de lui donner parce que mon hiver était trop terrible. Ils sont jolis. Il était content. Il était un peu beaucoup découragé de ce qui m’est arrivé lui aussi. On a ri. Mon psy dit souvent que les gens me traitent comme ça par jalousie. Il avait un peu la même impression. Comme s’ils avaient peur que je prenne leur place… alors que je suis bien la dernière à essayer de prendre la place des autres… mais ça ils pourraient le savoir seulement en essayant de me connaître… ce qui n’arrivera probablement jamais… ou alors par accident comme la collègue qui s’est aperçue lors d’un projet de recherche qu’elle n’avait aucune idée de qui j’étais et du travail que je faisais… qu’elle avait entretenu des préjugés négatifs pendant dix ans… et qu’elle s’apercevait maintenant qu’elle avait eu tort. Mais je ne compterai pas là-dessus. Ce sont des événements rares, entendre les gens dire qu’ils avaient tort.

J’ai quand même travaillé un tout petit peu. J’ai commencé à sortir les journaux intimes de la période dont traite mon livre. J’ai eu peur un peu. Je les relirai juste avant mon prochain rendez-vous avec mon psy au cas où ça se passerait mal… j’ai quand même jeté un coup d’œil à certains. C’était drôle de voir la jeune moi. Les émotions reviennent très intensément. C’est un bon travail que j’ai fait d’écrire et de garder tout ça. Je suis fière de moi et ça me rend heureuse. ce sera utile aussi.

Je retourne à mes petits loups. Je voulais juste dire que je vais un peu mieux. En pensant à mon oncle, l’idée m’est venue de rédiger un testament, mais pas un testament conventionnel. Un testament constitué principalement de la liste des personnes que je ne veux pas à mon enterrement si un jour il m’arrivait quelque chose avant que ça leur arrive. Pas de pleureuses hypocrites qui disent que c’est terrible pour elles autour de ma dépouille! Ça a l’air d’une blague, mais c’est sérieux. J’engagerai un bouncer. Je me trouve très drôle!

A bientôt!

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