Quand je parle des comités où il n’y a rien à faire, je parle bien sûr des comités d’autres programmes. Je suis parfaitement consciente que quand on fait partie du comité de programme de son département, on travaille fort. Ou quand on est sur d’autres projets qui demandent de construire quelque chose de concret. Je respecte ce travail et je suis consciente de sa valeur. Mais il y a aussi beaucoup de comités où il n’y a pas grand-chose d’autre à faire que lire les documents, écouter, intervenir si c’est justifié et nécessaire et c’est rarement le cas. J’ai été sur un de ces comités. On m’a lancé une petite remarque poignard en disant que ça faisait vraiment longtemps de cela. Le fait est que j’adorais ce comité même si parfois les documents faisaient 60-80 pages et même s’il se réunissait très souvent. C’était vraiment intéressant. La seule raison pourquoi je l’ai quitté est parce que j’étais tellement précaire que je n’étais même pas certaine d’être travailler l’automne. Ça a duré comme ça pendant huit ans. On m’avait indiqué que ce n’était pas idéal parce qu’on devait trop souvent me remplacer à la dernière minute si je n’avais pas de tâche. J’ai donc cédé ma place à contrecœur. C’était avant qu’ils commencent à attribuer certains comité à la session plutôt qu’à l’année, ce qui donne une chance aux précaires de s’impliquer davantage. C’est une bonne chose je crois. J’aurais aimé que les choses soient comme ça avant.
Je ne suis pas quelqu’un qui se permet de juger les autres et leur travail de façon superficielle et violente. J’en ai pour preuve plusieurs choses que j’ai racontées ici et où il est possible de constater que je cherche souvent plusieurs explications à un comportement d’une personne avant de condamner la personne. Par exemple mon voisin dont ça a pris des mois avant que je finisse par critiquer sa personne et non son comportement alors que tout le monde autour de moi l’appelait sans hésiter le « criss de cave ». Vous avez peut-être remarqué que j’en parle moins récemment… c’est parce qu’il a fini pas aller rejoindre dans mon esprit les autres hommes qui ont décidé d’agir comme des caves dans ma vie sans se poser de questions sur l’effet que ça aurait sur moi. Leur liste est longue. J’espère qu’elle est terminée. J’aurais préféré qu’il soit quelqu’un d’autre que ce qu’il m’a montré et qu’il choisisse d’agir différemment, mais ça n’a pas été le cas. Ça lui appartient. Fin de la parenthèse.
Tout ça pour dire que quand je vois une personne agir d’une façon pas idéale, je me dis souvent que quelque chose ne doit pas aller bien plutôt que de condamner immédiatement. J’aimerais que les autres fassent la même chose avec moi, qu’on me pose des questions ou qu’on me parle avec respect si je fais quelque chose qui ne convient pas. Qu’on regarde plus lucidement qui je suis aussi et ce dont je suis capable, ainsi que le travail que j’accomplis souvent sans qu’on ait à m’inciter à le faire. C’est important de se soucier des autres et de comment nos comportements les affectent.
Une personne avec un peu plus de vision aurait pu me demander de contribuer en donnant mes cours rédigés à des nouveaux au lieu de les rendre malades. Quand je disais que l’autre n’avait qu’à se planter en avant du groupe et lire mes notes, c’était vrai. Ce sont des phrases complètes, des analyses complètes… il y a même des blagues écrites d’avance au cas où il m’arriverait quelque chose faisant que je ne sois pas particulièrement en forme le jour où je donne le cours. Tout ça pour dire qu’il y a plusieurs façons de contribuer au sein d’un groupe et que l’intelligence c’est de répartir les personnes selon leurs forces. Pas de les forcer à toutes faire la même chose. Honnêtement, avant ce jour-là, je n’en avais un peu rien à faire que des personnes ne soient pas capables d’enseigner tous les cours de base. Je me disais qu’elles contribuaient tout simplement ailleurs, dans des tâches qui semblaient leur plaire davantage et que c’était tout à fait ok comme ça puisque je n’avais pas d’envie particulière de prendre leur place pour faire ces tâches… Maintenant, je ne sais plus si je donnerai grand-chose de ce que je produits si c’est pour avoir ce type de traitement en échange.
A l’extérieur de mon lieu de travail, les gens me disent que je suis érudite, intelligente et qu’ils ne comprennent pas comment je fais pour faire tout ce que je fais. A l’intérieur de mon lieu de travail, des personnes qui ne se sont jamais intéressées à ce que je faisais et qui ne me parlent pas vraiment de permettent de dire des âneries fausses à mon sujet. C’est un peu désespérant. Je vais croire les personnes qui prennent au moins le temps d’échanger avec moi.
Mon psy me dit souvent qu’avec tout ce que je sais faire et toutes les connaissances que j’ai, ça fait de moi une personne hyper compétente pour occuper plusieurs postes intéressants. Je vais y réfléchir sérieusement pour l’avenir tout en continuant à bien accomplir les tâches auprès des élèves ainsi que celles obligatoires au département. Si je pars un jour, ce sera ça. Peut-être qu’en attendant j’irai faire la figurante en informatique ou en hygiène dentaire pour avoir la paix.
Je ne parlerai plus de ça maintenant. J’ai juste vraiment envie de m’occuper de choses constructives… et ce n’en sont vraiment pas.
