Je remonte encore la pente peu à peu. Je commence à reprendre ma vie dans mon quartier. Ça a été difficile. Je vis encore beaucoup d’anxiété liée aux choses qui se sont passées avec mes voisins. J’essaie de recommencer à occuper l’espace à ma façon. Le fait est cependant que je ne vois plus les choses de la même façon malheureusement, moi qui aimais tant mon quartier. C’est triste quand même je trouve. Très triste même. Peut-être que ça passera. Je n’en suis pas certaine. J’ai l’impression que j’ai trop souffert ici et qu’il sera temps, quand je le pourrai, de repartir à neuf. Peut-être même dans une autre ville si mon emploi me le permet. J’aime bien Montréal, mais j’en ai quand même un peu marre depuis un moment. Je trouve qu’il y a énormément de personne qui agissent de façon malsaine, même si oui, il y a beaucoup d’opportunités aussi. Cependant, étant introvertie et aimant plutôt faire des activités calmes maintenant, je ne suis pas certaine que je n’ennuierais tellement même dans un plus petit endroit. Je verrai bien ce que l’avenir me permettra de faire. Le fleuve me manque beaucoup en tout cas.
Il me semble que ça ne devrait pas être si compliqué, aimer et être aimée. Mais les gens ont des idées tellement étranges dans la tête. Des fausses croyances qui font peur. Des souffrances pas réglées qui empoisonnent leur vie et celle des autres. C’est un peu épeurant tout cela. Je ne comprends pas souvent les raisonnements et les choix des autres. Me vouloir comme bouche-trou en attendant sa blonde. Peu importe qui est sa blonde, personne ne vaut la peine de s’abaisser à faire ça à un autre être humain et personne ne mérite de subir ça (J’ai écouté un podcast sur polytechnique cette semaine et un passage sur la misogynie m’a fait penser à ça. J’en reparlerai.). Me harceler sans rien dire, comme si ça allait donner quelque chose de pertinent. Je vais en revenir… mais ca restera une connerie péniblement mémorable de ma vie ce qu’il m’a fait. Ou encore l’autre… Me trouver laide et me dire que je ne m’aime pas alors qu’on passe sa vie à se tuer soi-même et… Si seulement il y avait eu juste ces deux histoires là. Il n’y a pas eu trop de problèmes avec d’autres personnes depuis. C’est peut-être aussi parce que je ne sens pas d’espace en moi pour m’ouvrir à de nouvelles personnes. Beaucoup beaucoup trop de choses se sont passées ces deux dernières années. Ça aussi ça m’a fait peur.
Pendant que je fais le tour de l’appartement et qu’il me semble que la poussière se génère d’elle-même à l’infini au fur et à mesure que j’en enlève, il m’apparaît que ça a été une période très sombre où je n’ai pas beaucoup vécu. Je me sens à la fois triste et heureuse. Triste d’avoir traversé tout ça. Heureuse de me sentir revenir à la vie. C’est très clair pour moi aujourd’hui que je mérite vraiment mieux que la façon dont les hommes me traitent. Ceux qui ne le voient pas peuvent manger de la crisse de marde, comme leur recommande ma médecin. Elle a trouvé la bonne formule. Au moins ceux qui m’ont nuit semblent me laisser tranquille ces jours-ci.
Pendant que je rédigeais mes demandes d’indemnisation, j’ai réalisé que ce que j’avais pris pour de l’anxiété sociale est en fait un symptôme de stress post traumatique complexe et une manifestation de peur normale considérant l’état dans lequel je suis et les choses que j’ai vécues. Le tort appartient uniquement à ces personnes qui m’ont fait du mal. Il n’y a rien au monde que j’aurais pu faire pour mériter leur façon de me traiter. Ils sont encore plus répugnants de l’avoir fait considérant que je leur ai dit ce que j’ai vécu. Il y a eu beaucoup de périodes dans ma vie où j’ai eu peur de sortir de chez moi. Ça vient par phases et je dois comme m’entraîner à nouveau à me sentir bien dehors, visible. Vous imaginez la force et le courage fous que ça me prend pour aller enseigner durant ces périodes? Ça a quelque chose d’incroyable, que je sois arrivée à dépasser tout ça pour devenir professeure. Ça m’a fait passer à côté de beaucoup de choses aussi, malheureusement.
Demain je commence à travailler sur le livre que je veux finir durant l’été. Lentement mais sûrement. J’ai hâte. Je vais me couché pour que ça arrive plus vite.
A plus!
