Apprendre la reliure avec la malhonnête de l’enfer

            À un moment donné, dans mon parcours de création de bande dessinée, j’ai décidé que je voulais apprendre la reliure artisanale. J’ai vu qu’il y avait un atelier sur la reliure japonaise et qu’une amie y allait, alors j’ai décidé de m’inscrire. J’ai beaucoup aimé l’atelier, même si je l’avais trouvé un peu chaotique et que certains détails auraient pu être un peu plus travaillés (par exemple certains défis réduits pour des débutants). Donc, quand j’ai vu que la même personne organisait une série d’ateliers, j’ai décidé de m’inscrire. Une ancienne collègue, que je ne connaissais pas beaucoup, m’a demandé si ça me dérangeait si elle venait. Ça ne me dérangeait pas et elle s’est donc inscrite.

            Quand je suis arrivée à l’atelier, c’était dans un appartement immense et magnifique (alors que le premier avait été dans un café), mais où régnait une odeur infernale de litière de chat et une autre odeur que je ne pouvais pas identifier d’abord, mais qui s’est révélée être celle de deux écureuils en cage. Je suis allergique aux chats et très sensible aux odeurs, donc ça commençait un peu mal pour moi, mais j’ai mis ces détails de côté et j’ai sorti toute ma bonne volonté. Je voulais apprendre la reliure, mais aussi rencontrer des nouvelles personnes et connaître mieux mon ancienne collègue.

            Plusieurs personnes sont arrivées en retard, mais on a fini par commencer. J’avais oublié le rythme différent des autres. Ça faisait un moment que je n’avais pas appris en groupe. J’ai appris plusieurs façons de plier le papier et de construire ou coudre des reliures. Ça a été efficace. La prof m’énervait un peu par contre. Elle n’arrêtait pas de se vanter de tout ce qu’elle avait fait dans la vie. C’est sûr qu’on a le droit d’être fier de ce qu’on fait, mais il y a quand même des circonstances pour les mentionner. Là c’était une série de « J’ai fait ci… » et « J’ai gagné tel prix… ». Ma modestie en avait la nausée. Les cours étaient souvent déplacés aussi et nous n’étions pas toujours bien avisées. C’était pénible.

            Une fois j’ai apporté ma minuscule collection de zines, pour les montrer aux participantes puisque la fille n’arrêtait pas de dire qu’elle nous montrerait sa collection de zines, mais que ça n’arrivait pas. Elle a eu l’air super insultée et dit : « Je ne savais pas qu’on faisait ça! », comme si c’était dérangeant. J’ai l’impression qu’elle a besoin de toujours être le centre d’attention. C’était menaçant pour elle, même une chose minuscule comme ça.

            Le cours s’est terminé et j’avais trouvé les participantes assez sympathiques pour avoir envie d’en faire un autre. Aussi, la prof (que je vais appeler « la fille » dans la suite du billet parce que je n’ai aucun respect pour ses capacités d’enseignement) avait mal expliqué le zine qu’on devait faire à la fin (comme c’était arrivé plusieurs fois avant) et il me manquait un point pour réussir à le terminer. J’ai donc décidé de faire le deuxième cours pour apprendre ce point. Je me suis inscrite et j’ai payé mon inscription immédiatement.

            Autour du début décembre, après avoir reporté le début des cours plusieurs fois, la fille a finalement écrit pour dire, sans nous avoir consultées, que les ateliers allaient être déplacés après les fêtes et que nous pouvions être remboursées si nous le désirions. Devant le fait que je n’allais pas travailler la session suivante et parce que j’avais vu qu’il y avait un cours de reliure gratuit en ligne sur le point que je devais apprendre durant ces cours, mais aussi parce que j’avais prévu m’inscrire à autre chose après les fêtes, j’ai décidé de demander un remboursement.

Elle m’a répondu « Ok, mais ça n’ira pas avant la fin janvier, question de budget. ». Déjà là, ça me semblait bizarre et peu professionnel. Égocentrique aussi. À l’approche des fêtes, il est clair que tout le monde a besoin de ses sous. J’ai trouvé ça franchement malpoli et effronté en fait. Si ça avait été moi et que j’avais été dans une situation de ne pas fournir un service pour lequel j’avais été déjà payée, j’aurais soit proposé une entente de petits versements réguliers jusqu’à complétion du montant ou alors j’aurais fait un emprunt ou pris une carte de crédit pour rembourser les gens qui m’avaient payée. Ce sont les choses professionnelles à faire. Mais elle, rien. Elle semblait penser que c’était tout à fait son droit (ce qui n’est pas le cas, selon la loi). J’avais déjà remarqué qu’elle manquait de professionnalisme. Souvent, elle interrompait le cours pour texter son chum ou lire ses messages. Je comprends que son copain était en voyage, mais même là… Elle aurait pu très bien attendre de lui parler plus tard, le lendemain s’il le faut. Le téléphone n’a pas sa place en classe à moins de servir à une démonstration pédagogique. C’est un manque de respect pour les étudiants. À moins d’être sévèrement dépendant affectif, très sévèrement dépendant, personne ne meurt de ne pas parler à son conjoint une journée.

       Quand j’ai reçu son message, j’arrivais au bureau de mon psy. Quand je lui ai raconté ce qu’il se passait, il m’a répondu : « C’est l’fun qu’elle pense à elle comme ça! ». J’ai trouvé ça drôle et vrai. On a passé l’heure suivante à parler de ce que je devrais faire pour régler la situation (la fille me reprochera ensuite bien sûr de ne pas me remettre en question et de ne penser qu’à moi… alors que j’avais passé une heure de ma thérapie à parler d’elle et de mes droits avec un professionnel de la santé mentale…) J’ai ensuite dit à la fille que je n’avais apparemment pas le choix puisqu’elle n’avait pas l’argent, mais que je trouvais ça bizarre qu’elle ait dépensé notre argent comme ça… et j’ai ajouté la phrase du psy, comme quoi c’était l’fun qu’elle pense à elle comme ça parce que je me sentais arrogante, un peu et que je n’avais plus vraiment envie d’avoir du tact avec quelqu’un qui me manquait de respect.

        Là, j’ai reçu un message agressif. Elle a eu le culot de se mettre à me dire que le peu d’argent qu’elle gagnait, elle l’utilisait pour payer son appartement et qu’elle n’allait pas pouvoir manger cette semaine-là. Elle a aussi ajouté que j’étais horrible de suggérer qu’elle avait utilisé cet argent pour des niaiseries (chose que je n’avais jamais dite). Je lui ai répondu avec beaucoup d’explications pour expliquer à quel point il y avait des problèmes dans ce qu’elle disait.

    D’abord, tout le monde (dans la société générale, là, pas les gens riches) a des problèmes d’argent. Je suis prof précaire depuis 12 ans… J’habite seule. Je suis restée longtemps aux études. J’ai des dettes. Je n’ai pas d’argent à jeter par les fenêtres. Non, je ne fais pas toujours des choix responsables. J’achète trop de Dr Martens et de Converse, mais j’assume et je les porte jusqu’à ce qu’ils tombent en morceaux. J’ai récemment jeté des Rangers 20 trous que j’ai portés pendant 20 ans… Je travaille aussi à m’en rendre malade depuis des années, pour réussir à arriver, enseignant parfois sept heures par jour l’été. Donc moi aussi, j’ai des problèmes d’argent et les siens ne sont pas plus importants que les miens, sauf dans sa tête, évidemment. Au début du cours de reliure, cette personne avait dit qu’elle n’avait pas d’emploi de 9 à 5 parce que ce n’était pas pour elle… et qu’elle pensait arriver à vivre avec ses contrats. Personne n’est fait pour faire du 9 à 5. Tout le monde essaie juste d’arriver à vivre… Alors s’estimer trop spéciale pour faire comme tout le monde et ensuite se plaindre de ne pas avoir assez d’argent pour vivre, ça ne va pas, mais pas du tout.

        Ensuite, elle se plaignait qu’elle venait seulement de payer le loyer du mois d’avant… et qu’elle ne savait pas comment elle paierait celui du mois en cours. Les arguments précédents s’appliquent encore, mais en plus, alors qu’elle n’avait pas d’emploi et n’en voulait pas, elle avait choisi une appartement à peu près trois fois grand comme le mien (3 fois le prix, aussi, d’ailleurs) pour vivre à deux, alors qu’une famille de 5 personnes aurait pu y vivre confortablement. Tout ça parce qu’elle avait besoin d’espace… comme si nous n’en avions pas tous besoin! Je veux bien croire que dans les faits, une personne sans argent, ça fait pitié, mais quand on choisit délibérément de se payer un appart immense alors qu’on n’en a pas les moyens et qu’on n’a pas d’emploi, on perd son droit de se plaindre qu’on n’a pas d’argent. Ce n’est clairement pas une raison de prendre l’argent des autres en tout cas.

        Elle finissait bien sûr sa série de manipulations en parlant de ses règles terriblement douloureuses. Ça m’énerve quand les femmes font ça… J’ai longtemps eu des règles tellement abondantes et douloureuses que je devais passer la nuit assise sur la toilette à pisser du sang littéralement parce que c’était trop pour n’importe quelle protection. Je n’ai jamais fait chier personne avec ça ni utilisé ça comme raison pour voler l’argent de quelqu’un. Honnêtement, il faut aller chez le médecin si tes règles sont terribles. Il y a des solutions, c’est promis. S’il a réglé mon cas, il devrait pouvoir au moins aider le tien.

            Après, même si je n’avais aucune obligation de faire ça, j’ai laissé passer tout le mois de décembre et aussi janvier sans lui redemander mon argent. Quelques jours avant la fin du mois, alors que je savais que je n’avais plus de contrat d’enseignement et que ça prendrait un temps avant de toucher le chômage, j’ai recontacté cette personne.

            Pas de réponse.

            Alors, je suis tellement féroce et méchante que j’ai dû taper sur Internet « Comment faire pour récupérer de l’argent qu’on vous doit ? » sur Google. Figurez-vous donc qu’il existe un wikiHow… J’ai donc lu le tout et j’ai décidé d’appliquer les conseils décrits, dont le premier est d’écrire à la personne qu’on n’hésitera pas à recourir à des moyens légaux si on n’avait pas récupéré l’argent avant une date limite qu’on fixe à la personne. J’ai donc fait ça, tout en me sentant drôle et mal à l’aise, parce que je n’avais jamais eu à demander à quelqu’un de me redonner mon argent en 38 ans de vie.

            Là j’ai eu une réponse… une réponse qui voulait me culpabiliser, me disant qu’elle avait eu un accident justement la veille et que c’est pour ça qu’elle n’avait pas vu mon message… et que j’avais son numéro de téléphone et que j’avais juste à l’appeler au lieu de me faire des scénarios apocalyptiques… Premièrement, je n’ai pas son numéro de téléphone et je n’ai jamais communiqué avec elle par téléphone, mais la personne manipulatrice doit toujours faire croire à l’autre que c’est sa faute si la situation de communication échoue… donc c’était ma faute. J’aurais dû utiliser une façon de communiquer que je n’ai jamais utilisée avec elle et trouver son numéro dans le ciel pour que ce soit ok. Ensuite, les gens honnêtes qui ont des accidents ne cherchent pas à vous culpabiliser de ne pas avoir deviné qu’ils avaient eu un accident. C’est du gros n’importe quoi. La preuve étant qu’elle a mystérieusement eu un second accident lorsque mon amie lui a demandé de la rembourser. Peut-être que les manipulateurs ont une sorte d’aimant dans le cul et quand ils ne veulent pas prendre leurs responsabilités ils marchent plus proches de la rue et hop! C’est réglé! Ils ont en tout cas, beaucoup d’accidents. C’est troublant. Ils sont pas mal malchanceux. Ça doit être difficile.

        Après, elle m’a dit que j’aurais mon argent le jour même. Après, elle voulait que je lui dise merci de me redonner mon argent pour le cours qu’elle n’a pas donné. Elle a ensuite essayé de me faire croire que c’était moi la violente qui avais les comportements que je dénonçais dans mes billets de blogue (tout ça parce que je lui ai demandé de me rembourser mon argent, argent qu’elle aurait dû me rembourser immédiatement selon la loi, mais que j’avais été assez patiente pour attendre pendant deux mois sans me plaindre). Elle était dans le tort. Complètement dans le tort et essayait de me faire croire que c’était moi, le problème.

        J’ai fini par lui dire qu’elle avait du front tout le tour de la tête et je l’ai bloquée, après avoir bien sûr corrigé le tir en lui disant que c’était elle, la violente, avec ses manipulations et que c’était normal que je sois en colère de me faire niaiser depuis deux mois et que j’assumais complètement mon agressivité. Madame fait semblant d’être la victime sur le net et de dénoncer les violences… alors qu’elle en commet clairement elle-même plusieurs. Elle a quand même peut-être aussi été réellement violentée. Je ne sais pas. Je sais juste que je n’ai aucune confiance en elle. Elle est clairement malhonnête. Aussi, les personnes violentes font toujours ça : elles poussent à bout quelqu’un face à qui elles sont en tort et après, quand la personne se fâchent, elles essaient de leur faire croire que ce sont elles les violentes en utilisant la honte. Ça ne marche plus avec moi ce genre de procédé de merde. Elle aurait pourtant dû le savoir. Je lui ai dit que ça faisait dix ans que je faisais des recherches sur le sujet…

        Il y a eu des indices, que ça finirait de cette façon, que c’était ce type de personne que j’avais en face de moi. J’aurais pu par exemple déduire, du fait que je parlais trop, que je faisais des choses que je ne fais pas normalement et… que j’étais face à une personne manipulatrice. Elles font ça. Elles se rapprochent très vite et créent des liens superficiels. Un peu avant le demander mon remboursement, ça m’a traversé l’esprit en voyant certaines de ses publications sur Facebook qui commençaient par des phrases comme « Cher Facebook, je sais que tu aimes mes interventions… ». What the fuck? Qui est-ce qui s’auto-complimente sur ses publications Facebook? Mais j’ai laissé faire sur le coup…

      Ça m’a pris quelques jours pour me remettre de l’effet de choc que cette manipulation m’a causé. À la fin, au moins, j’ai reçu mon argent, j’ai appris les points que je voulais et j’ai rencontré quelques bonnes personnes. Cette partie est réussie. Mon ancienne collègue devenue mon amie, elle, n’a toujours pas été remboursée… La malhonnête dira sûrement que c’est à cause de la pandémie, mais elle a eu au moins un mois avant le début de celle-ci et la demande de remboursement pour proposer un accord de paiement quel qu’il soit et elle n’a rien fait.

     C’est quelqu’un que les gens ont l’air d’aimer beaucoup… comme c’est toujours le cas avec ce type de personnes… mais j’ai confiance dans l’avenir. Je sais que les autres finiront par voir qui elle est.

     Je n’ai pas beaucoup parlé de reliure. Je penserai à comment le faire autrement. Je vous mets quand même dans livres dans les photos et des bandes dessinées que j’ai faites. Je vais faire une petite boutique en ligne bientôt pour les vendre. Si jamais vous voulez apprendre, il y a des tonnes d’autres livres sur le sujet, des vidéos sur YouTube, d’autres personnes qui enseignent et vous pouvez me contacter aussi. Si vous vous inscrivez à son cours, attendez à la dernière minute pour payer… juste au cas.

Merci et bonne journée!

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